Natacha Bouchart
Maire (UMP) de Calais.
L'association Salam, qui vient en aide aux migrants, a vu sa subvention passer de 500 euros à 4 000 euros. Pourquoi ?
Il existait une iniquité entre les associations qui aident les migrants. Nous avons donc rectifié le tir lors du dernier conseil municipal.
Au regard des besoins, n'est-ce pas finalement un moyen de se donner bonne conscience ?
On peut le percevoir ainsi. Mais on n'est pas là pour se voiler la face. Le vote de cette subvention n'a rien à voir avec le fond du problème.
Justement, que faites-vous pour améliorer le fond du problème ?
Nous avons pris des dispositions en vue d'améliorer le confort pour les migrants et les Calaisiens [lire l'encadré]. Et surtout, on a alerté les services de l'Etat, compétents en la matière.
Que leur avez-vous dit qu'ils ne savent pas déjà ?
Je leur ai dit d'arrêter de fermer les yeux. Que la situation devenait inacceptable. Il y a un véritable laisser-aller depuis le début de l'année. Les clandestins à Calais ne sont plus trois cents, mais près de cinq cents. Désormais, ils squattent le centre-ville. Et tout le monde en souffre.
Votre message auprès de l'Etat doit mieux passer que celui de votre prédécesseur communiste...
C'est sûr ! Mais ça ne règle pas tout. On n'a pas le même point de vue que Jacky Hénin [le précédent maire]. Lui voulait ouvrir un nouvel accueil de jour, comme Sangatte. On ne peut pas accepter un tel dispositif.
Que proposez-vous alors ?
Un renforcement des contrôles autour de Calais. Si les migrants sont aussi nombreux ici, c'est bien parce qu'ils savent qu'ils ont encore une chance de passer en Grande-Bretagne.
Pourquoi ne pas inviter le ministre de l'Immigration, Brice Hortefeux, à Calais pour qu'il s'en rende compte ?
Je trouverais intéressant qu'il voit la situation de ses propres yeux. Mais sa visite susciterait trop de réactions...