EDUCATION - «Le discours habituel, c'est de dire que ça va mal dans les collèges.» Le secrétaire général du Sgen-CFDT, Bernard Steelandt, en a désormais la preuve...
«Le discours habituel, c'est de dire que ça va mal dans les collèges.» Le secrétaire général du Sgen-CFDT, Bernard Steelandt, en a désormais la preuve. Son syndicat a rendu public hier une enquête sur les conditions de travail dans les collèges. Si la situation dans l'ensemble du pays n'est pas rose, c'est encore pire dans la région.
Principal problème mis en avant par 88% des sondés (enseignants et administratifs confondus): le manque de moyens. En septembre dernier, 687 postes ont été supprimés dans l'académie. Résultat: «58% des enseignants font des heures supplémentaires, révèle François Carlier, chargé de cette étude au Sgen-CFDT. Alors qu'ils ne sont que 48% dans le reste de la France.» Ces heures supplémentaires, ils sont d'ailleurs 65% à rechigner à les faire. «L'enquête montre qu'ils s'estiment moins reconnus et plus en danger que dans le reste de l'Hexagone», poursuit François Carlier. Plus en danger, car pour un quart des sondés, leur métier, c'est avant tout «faire de la discipline», contre 21% seulement des professeurs exerçant dans le reste de la France.
Le chiffre le plus inquiétant arrive à la fin de l'étude. Comme une cerise sur un gâteau empoisonné. Les enseignants et administratifs nordistes consultent deux fois plus souvent la médecine du travail que leurs collègues des autres régions. «Ça illustre bien le mal-être ambiant», témoigne Bernard Steelandt. Seule lueur d'espoir, si c'était à refaire, 61% des personnes interrogées choisiraient à nouveau ce métier.
Vincent Vantighem