Des profs de génie électrique en lycée professionnel chargés de dispenser des cours de technologie en sixième. Des enseignants de lettres modernes contraints de « garder » les élèves dans les centres de documentation et d'information. Dans l'académie de Lille, plus de 1 900 professeurs (soit 7,2 % des effectifs) ont attaqué la rentrée en qualité de « titulaires de zone de remplacement », TZR dans le jargon de l'Education nationale.
Sans poste fixe, ils exercent dans plusieurs établissements au gré des congés maladie ou maternité de leurs collègues, parfois dans des matières pour lesquelles ils ne sont pas diplômés. « Ces cas sont rarissimes », se défend le rectorat. « De plus en plus nombreux », rétorque le Snes-FSU, syndicat majoritaire dans le second degré, qui se rebiffe aujourd'hui.
C'est avec l'aide de ce syndicat qu'une prof a déposé un recours contre le rectorat devant le tribunal administratif de Lille (lire ci-dessous), en janvier. Son travail a été jugé « non conforme aux règles d'affectation », et le rectorat a été condamné. Selon nos informations, quatre autres recours ont été déposés depuis. Deux d'entre eux doivent être examinés avant décembre.
A chaque fois, les plaignants sont employés dans des disciplines pour lesquelles ils n'ont reçu aucune formation spécifique. Avec un effet pervers dévoilé par une enseignante TZR : « à force de se servir des profs de français pour n'importe quoi, on finit par en manquer dans certains établissements. »