Même pas mal. Jacky Hénin donne le change, moins d'une semaine après sa deuxième défaite électorale de l'année, à la cantonale partielle de Calais nord-ouest. La barbe poivre et sel soigneusement taillée, la voix forte, l'ancien maire communiste de Calais, battu aux municipales de mars, assure le service après-scrutin. Et annonce qu'il entre en campagne pour les municipales 2014... Avec ce côté hâbleur qu'on lui connaît. Son assurance. Ses emportements, qui l'ont poussé à traiter de « merde » en direct sur France 3 le député-maire UMP de Saint-Venant. C'était le soir de son éviction de la mairie de Calais. Il persiste et signe : « Je n'aime pas les alliances avec les fascistes. » Simple. « On doit être contre tout ce qui est mauvais pour les salariés. » Simple aussi. Les livres de sociologie, les tergiversations à gauche, c'est pas son truc. Son engagement au Parti communiste ? Une évidence depuis ses 18 ans.
Sa défaite de mars, il en parle facilement. Un seul vrai reproche à se faire : « Je n'ai pas été assez présent à Calais. » Elu député européen en 2004, il compte pourtant se représenter en 2009 « pour s'en servir comme tremplin » et imposer ses idées. Pourquoi ne pas jeter l'éponge ? A 48 ans, l'enfant du Douaisis estime qu'il n'en a « pas le droit. Personne d'autre n'est prêt pour porter un discours comme je sais le faire. »
C'est aussi pour cela qu'il s'est présenté ce mois-ci, pour la première fois, aux élections cantonales. Et pour se rassurer par ailleurs. Après six mois de doute, il a fait 52 % des voix sur Calais. « Pas mal pour un mec rincé. » Ouf ! Fort en gueule comme il était fort en sport dans sa jeunesse, Jacky Hénin fend la carapace : « Si vous voyiez l'intérieur, depuis mars, c'est une catastrophe. Seul, je gamberge. Mais quand les autres sont là, je n'ai pas le droit de montrer une faiblesse. Sinon, c'est foutu. »