Le trafic aurait duré une dizaine d'années. L'usine Arcelor de Dunkerque est soupçonnée d'avoir « blanchi » des millions de litres de déchets toxiques, entre 1993 et 2004, en les revendant en Belgique sous forme de carburant pour super-tankers, a révélé, hier, La Voix du Nord. Le parquet de Dunkerque vient d'ouvrir une information judiciaire à ce sujet.
Pour « blanchir » ses déchets en or noir, le sidérurgiste aurait monté un partenariat complexe avec plusieurs sociétés. Un douanier de Dunkerque, aujourd'hui à la retraite, aurait aussi fermé les yeux pour permettre ce trafic. Destinés à être recyclés en Seine-Maritime, les déchets - du fioul naphtaliné - n'y seraient en fait jamais parvenus. Transvasés dans des camions-citernes par une société spécialisée, les litres de déchets auraient ensuite été vidés dans la cale d'une péniche en partance pour la Belgique. Pire, déclaré comme étant du fioul domestique, le produit aurait même permis à Arcelor de percevoir des remboursements de TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers) par l'Etat. Les sommes en jeu étant « très importantes », selon le parquet de Dunkerque.
« Il y avait une à deux péniches de 1 000 tonnes par an », confiait, hier, Nicolas Croquelois, responsable de Rubis Terminal et soupçonné d'avoir « prêté » son quai d'embarquement dans cette affaire.
L'usine de Dunkerque, elle, ne s'est exprimée que par un communiqué dans lequel elle assure avoir « toujours respecté les réglementations en vigueur ».