Fait isolé ou généralité ? L'agression d'un chauffeur de bus, dimanche après-midi à Roubaix, alimente en tout cas un débat interne qui fait rage, à Transpole. Vers 16 h 40, trois individus, probablement mineurs, ont fait irruption dans un bus de la ligne 25, à l'arrêt Fosse-aux-Chênes. Cagoulés, ils désiraient emporter la caisse. Le chauffeur ayant refusé d'obtempérer, ils se sont enfuis en tirant un coup de pistolet à bille. Le chauffeur, touché à l'oeil, est en arrêt de travail.
« C'est le troisième incident de ce type en quinze jours, dénonce Francis Boittelle, secrétaire général de FO Transpole. C'est le résultat d'une mauvaise politique maison : les contrôleurs circulent dans les quartiers calmes, où les usagers peuvent payer les amendes. Mais dans les quartiers agités, il faut deux incidents avant de dévier la ligne de bus. » Jean-Pierre Gérard, adjoint au directeur du dépôt de bus de Wattrelos, rappelle plutôt que ce type d'incident est « malheureusement courant », mais que « cette fois, ça a dérapé ».
En novembre 2007, le comité hygiène et sécurité de l'entreprise (CHSCT) a toutefois demandé le recours à un expert pour évaluer sa politique de sécurisation. « Transpole estime qu'un incident est grave s'il y a interruption du trafic : ce n'est peut-être pas le bon critère », explique Ruddy Juncker, élu au comité. Selon lui, la direction refuse de voir ses critères examinés par un expert indépendant. L'affaire sera jugée le 14 octobre en referré au tribunal de grande instance de Lille. Et l'on reparlera peut-être de ce dimanche 14 septembre.