Selon nos informations, l'opération était déjà envisagée avant les vacances. Dix suspects dont deux mineurs ont été interpellés hier dans le cadre de l'enquête sur les profanations du cimetière militaire de Notre-Dame de Lorette. Leur arrestation s'inscrit dans un processus d'enquête de plusieurs mois, qui avait débuté avec une centaine de gendarmes dès la découverte des faits.
Dans la nuit du 5 au 6 avril dernier, 148 tombes du carré musulman du cimetière avaient été couvertes d'inscriptions injurieuses. Une vingtaine de personnes au total avaient été interrogées dans la semaine qui a suivi, mais toutes avaient été relâchées, faute d'éléments probants. Plusieurs d'entre elles font partie des dix individus entendus depuis hier. « Nous avons besoin d'investigations plus poussées sur leurs emplois du temps respectifs », a seulement expliqué le lieutenant-colonel Jean-Michel Cedé, commandant de la section de recherche de la gendarmerie du Nord.
D'après la procureure de Béthune, Brigitte Lamy, tous les suspects, « âgés d'une vingtaine d'années » pour les majeurs, sont originaires du bassin minier. Ils se connaissent et naviguent dans la « mouvance néo-nazie », même s'ils sont inconnus des services de gendarmerie. « Toutes les hypothèses sont encore ouvertes », a toutefois insisté Brigitte Lamy. Il n'est donc pas certain que les personnes entendues soient déferrées devant un juge d'instruction à l'issue de leur garde à vue, aujourd'hui.