« J'ai 34 ans, ça fait trente-quatre ans que je fais la Braderie. » A l'image de Johnny, les bradeux qui investissent le bord de l'eau, à l'Esplanade, sont du genre canal historique. Vide-grenier, ferraille, déco : un eldorado pour les chineurs. « Tous les ans on vient comme ça, une semaine à l'avance, raconte Johnny. Ça fait des vacances au bord de l'eau. » Avec tentes, thermos, combi réchaud-placard et méga-table de camping, certains pourraient tenir un siège, à deux pas de la Citadelle. Normal : l'Esplanade est l'un de ces endroits où le placement reste libre. Ou presque.
Premier arrivé, premier installé : un refrain que Jean-Luc, vingt-trois ans de braderie, connaît par coeur. « Je suis arrivé mardi dernier. Depuis, je garde la place pour les copains. C'est épuisant, on n'est jamais tranquille. » Certains, comme Roger, Dédé et leurs amis, arrivent plus tôt encore. « On est là depuis le 14 juillet, on ne bougera pas. » Roger est remonté contre la municipalité, qui a innové cette année en pré-réservant quelques emplacements. Dont le sien. « Le but est d'éviter que l'Esplanade ne se transforme en camping sauvage deux mois par an », explique Jacques Richir, l'adjoint (Modem) en charge du dossier. D'ailleurs l'idée est généralement bien reçue. « Ça nous permettrait de gagner du temps », explique Henri, un ancien Lillois amateur-vendeur de meubles design. Johnny, lui, s'est inscrit pour l'an prochain. Mais il reste sceptique. « Les plaques de réservation, on les retrouve dans le canal. Pas sûr que ça marche ici. »