CONFERENCE – Près de cinq cents femmes ingénieurs et scientifiques du monde entier...
La matière grise se conjugue aussi au féminin. Pour sa 14e édition, ICWES (International conference of women engineers and scientists), a choisi Lille. L’occasion pour près de cinq cents femmes ingénieurs et scientifiques du monde entier d’échanger sur leurs métiers pendant trois jours et de promouvoir la place de la femme dans des domaines encore très masculins...
Même si le correcteur d’orthographe n’a pas encore assimilé la féminisation du terme ingénieur, les femmes sont nombreuses à choisir les métiers scientifiques. Mais pas encore assez! «Nous connaissons une grande décroissance du nombre de femmes dans les écoles d’ingénieurs depuis le début du millénaire» rappelle Monique Frize, présidente du Réseau international des femmes ingénieurs et scientifiques. «En cause: près de 60% des femmes qui décrochent leurs diplômes s’orientent vers la médecine au détriment de l’ingénierie». A contrario, notre pays, lui, peut – une fois n’est pas coutume – chanter un cocorico et s’enorgueillir d’avoir une croissance constante du nombre de filles dans les filières scientifiques. En 2005, parmi les 580.000 ingénieurs de moins de 60 ans, 15% étaient des femmes, soit plus de 90.000. Malgré ces résultats encourageants, les stéréotypes et les préjugés ont la vie dure. «A diplôme équivalent, on dira volontiers: tu seras directeur mon fils... et tu seras comptable ma fille!» confie Colette Guillopé, mathématicienne et professeur à l’Université Paris XII à Créteil. «D’où l’importance d’aller à la rencontre des collégiennes et des lycéennes pour leur faire découvrir les métiers scientifiques et leur donner envie de nous rejoindre...».