Claude Dhinnin
Ancien maire (UMP) de La Madeleine.
La présidente de LMCU, Martine Aubry (PS), vient de vous confier la réflexion sur le Grand Boulevard entre Lille et Roubaix-Tourcoing. Les neuf maires concernés se réunissent d'ailleurs ce soir pour parler de son centenaire en 2009. Comment voyez-vous les choses ?
Il y a beaucoup à faire. Le problème du Grand Boulevard, c'est que, sur le territoire de neuf communes, on y accumule le tram, de compétence LMCU, les voies latérales et centrales, de compétence conseil général, le trottoir, également à LMCU, et avant on avait aussi l'Etat ! Quand j'étais maire, je voulais installer des éclairages sur les pistes cyclables, mais je n'avais pas le droit, et LMCU non plus... Il est temps d'harmoniser tout cela pour en refaire une belle avenue, agréable pour tous.
Quelles seront vos priorités ?
Il y a un patrimoine architectural formidable, que l'on peut mettre en valeur avec de nouveaux éclairages. Et puis il faut rendre la circulation plus facile pour les piétons. Aujourd'hui, si vous essayez de traverser à certains endroits, comme au Croisé-Laroche, c'est très très compliqué. Pour les cyclistes aussi, je ne suis pas certain que ce soit une bonne idée de les faire circuler sur une voie centrale. Cela engendre des croisements dangereux. Peut-être faudrait-il penser à enterrer une partie du Grand Boulevard pour simplifier les choses.
Cela ne risque-t-il pas d'augmenter la vitesse des voitures ?
Non, on conserverait les limitations de vitesse. D'ailleurs, je voudrais plutôt les ralentir, en améliorant la signalisation et, pourquoi pas, en implantant un ou deux radars automatiques. Le Grand Boulevard n'est pas une autoroute. Le but sera d'inciter les automobilistes à ne pas l'emprunter s'ils peuvent passer au large. On pourrait gagner de la place en surface, au profit des piétons, en supprimant quelques remontées de la voie centrale. Et enterrer le boulevard par endroits permettrait de dégager de nouveaux espaces, des parkings, de la verdure...
Avec quel budget, et à quelle échéance ?
Martine Aubry m'a demandé des propositions, je vais me concentrer là-dessus. J'espère pouvoir rendre une grande partie de ce travail avant la fin 2009, pour coïncider avec le centenaire du boulevard. Il y aura des propositions simples, de court terme, comme de prendre exemple sur Lyon pour couvrir d'herbe les rails de tramway, mais aussi du long terme, plus cher.
Comment se passera la concertation avec Martine Aubry, qui n'est pas du même camp que vous ?
Lors du mandat précédent, nous avons appris à travailler ensemble. C'est une femme directe, qui sait ce qu'elle veut, mais qui sait aussi écouter. Je ne me fais pas de souci.