EDUCATION - Daniel Percheron, président de la région Nord-Pas-de-Calais, veut attaquer sur les formations sacrifiées...
Il ne sera pas
dans le cortège ce mardi après-midi. Mais c’est peu dire que Daniel Percheron soutient la contestation lycéenne. Ce matin, le président socialiste de la Région Nord-Pas-de-Calais a annoncé qu’il envisageait d’attaquer l’Etat en justice devant un tribunal administratif à ce sujet. Pas pour les 777 suppressions de postes prévues dans l’Académie de Lille à la rentrée. Non. Là-dessus, il ne peut rien dire. En revanche, l'élu peut attaquer pour les formations sacrifiées sur l’autel de la baisse d’effectifs voulue par Xavier Darcos.
«A quoi ça sert de financer des labos qui seront vides à la rentrée?»
Compétent sur le secteur des lycées, le conseil régional entretient, chaque année, les établissements. «Des travaux sont programmés pour accueillir des formations à la rentrée, confirme ainsi Bernard Roman, vice-président (PS) en charge des Finances à la Région. Sauf que certaines formations, entre temps, ont été supprimées par l’Etat faute de profs... On envisage donc de déposer un recours pour les mètres carrés livrés qui ne serviront à rien.» Assis à ses côtés, le président Percheron opine du chef: «A quoi ça sert de financer des labos qui seront vides à la rentrée?»
«110 kilomètres pour poursuivre leur formation»
Et Daniel Percheron se défend d’avoir trouvé là une astuce politique pour protester contre les mesures gouvernementales. La preuve? Le BTS Métiers de la Mécanique qui était proposé aux jeunes de Boulogne-sur-mer. «100% des jeunes qui sortent de ce BTS ont trouvé un emploi, rappelle le président. Mais à la rentrée, il n’existera plus. Ils devront aller à Liévin pour poursuivre leur formation. A 110 kilomètres de là!» Recours devant le tribunal administratif ou pas, le conseil régional a, en attendant, décidé de geler tous les projets de construction de nouveaux lycées.
A Lille, Vincent Vantighem