ELECTION - Elle succède à Pierre Mauroy...
«Se changer en bouffon (…) Devenir un petit grand homme. Non merci!» C’est en citant l’une des plus célèbres tirades d’Edmond Rostand (Cyrano de Bergerac, Acte II, Scène 8) que l’UMP Marc-Philippe Daubresse a, ce vendredi matin matin, confirmé sa candidature et reconnu sa défaite à l’élection de la communauté urbaine de Lille (LMCU). Les élus n’étaient pas encore passés dans l’isoloir. Mais l’ancien ministre du Logement du gouvernement Raffarin savait déjà qu’il devrait s’incliner devant Martine Aubry pour succéder à Pierre Mauroy.
Il a recueilli 32 voix sur 170. Martine Aubry, 134… Soutenue notamment par les Verts, les communistes et les maires des petites communes (pourtant habituellement à droite), la maire (PS) de Lille pourra s’appuyer sur une large majorité pour mener à bien
son projet pour la métropole.
«Je vais peut-être sentir un vide dans les prochains jours»
Elue avec 78,82% des voix, Martine Aubry est alors montée à la tribune pour prononcer
un discours résolument «à gauche» et rendre hommage à son prédécesseur Pierre Mauroy. L’image était saisissante. C’est lui qui avait fait venir à Lille la fille de Jacques Delors en 1994. Mais ce vendredi matin, c’est elle qui était debout. Assis à ses côtés, les yeux rougis par l’émotion, l’ancien Premier ministre a reconnu qu’il allait «peut-être sentir un vide dans les prochains jours». Après avoir planté un charme dans le jardin des Géants qui jouxte la communauté urbaine, Martine Aubry a réagi: «J’ai une pensée émue parce que je sais que lui est ému…»
«Quand l’itinéraire est bien balisé…»
Marc-Philippe Daubresse s’étant éclipsé par une porte dérobée, les journalistes ont donc suivi Martine Aubry de près. Le sourire aux lèvres, l’ancienne ministre du Travail a rejoint la salle des conférences de la communauté urbaine de Lille refusant de voir dans cette élection un quelconque tremplin pour ses ambitions nationales. «La route était droite pour son élection à la mairie, elle était droite pour son élection à la communauté urbaine, nous a confié Pierre de Saintignon, son premier adjoint. Quand l’itinéraire est bien balisé…» Plusieurs sondages récents ont placé la maire de Lille en troisième position pour représenter la gauche derrière Ségolène Royal et Bertrand Delanoë.
«Je passerai plus de temps dans mon bureau de la mairie»
Les sondages, ça n’a jamais été son truc à Martine Aubry. Balayant tout ça d’un revers de main, elle a assuré qu’elle passerait l’essentiel de son temps dans
son bureau de l’hôtel de ville de Lille «comme Pierre l’avait fait quand il cumulait les deux fonctions». Pas question pour autant de se tourner les pouces en communauté urbaine. L’exécutif – une dizaine de vice-présidents - sera désigné vendredi prochain. Avec une feuille de route déjà bien remplie. «Au début, il faudra se réserver une matinée entière chaque semaine», a déjà prévu Martine Aubry.
A Lille, Vincent Vantighem