Nord: Une petite librairie teste la première machine à fabriquer des livres sur demande

INNOVATION Un libraire indépendant de Wavrin, près de Lille, expérimente une machine qui pourrait, à l'avenir, révolutionner le monde de l'édition...

Gilles Durand

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Olivier Barbier est  capable d'imprimer un livre sur demande dans sa libraire de Wavrin.

Olivier Barbier est capable d'imprimer un livre sur demande dans sa libraire de Wavrin. — G. Durand / 20 Minutes

  • Un libraire de Wavrin s’est équipé d’une presse numérique révolutionnaire.
  • Il est possible d’imprimer sur demande certains livres.
  • Ce matériel risque, à l’avenir d’éviter la destruction de millions de livres non vendus.

Environ 142 millions de livres finissent au pilon chaque année, soit un quart de la production. Pour réduire ce gâchis, Olivier Barbier, libraire à Wavrin, près de Lille, a trouvé une solution : imprimer les livres à la demande. Depuis le mois d’août, il expérimente une machine révolutionnaire dans sa librairie. Et les débuts sont prometteurs.

Comment ça marche ? « Il s’agit d’une imprimeuse numérique compressée ultra-perfectionnée qui, en plus, relie les pages directement, explique ce libraire qui tient La Ruche aux livres. Il a fallu trois jours pour calibrer cette machine qui fait 3 m de long et pèse 900 kg ». Grâce à une très bonne qualité d’impression, on peut fabriquer un livre en 15 minutes. Et même le dédicacer.

Quels livres ? Pour l’instant, seulement 6.000 livres sont référencés, parmi lesquels les BD de Boule et Bill par exemple. Dans le Nord, un seul éditeur, Les Lumières de Lille, s’est engagé dans la démarche, mais « plus le nombre de libraires équipés va augmenter, plus les éditeurs vont référencer de livres », assure Olivier Barbier. Par ailleurs, il est possible d’imprimer des romans personnalisés, des albums photos, voire son propre livre à un seul exemplaire.

Quel avenir ? Olivier Barbier est le seul à posséder cette machine dans la région, jusqu'alors, et ils ne sont que quatre libraires en France à en être équipés. « L’avantage, c’est que je possède 6.000 livres en plus dans mon magasin et qu’ils ne me coûtent rien : pas de transport, pas de stock », note le libraire de Wavrin, persuadé qu’il s’agit d’un équipement d’avenir bénéfique à la fois pour les éditeurs et les librairies, notamment indépendantes. « Chaque année, il y a des dizaines de milliers de titres qui ne sont plus disponibles, ajoute Olivier Barbier. Leur durée de vie va être augmentée ».