• Les élèves sont sensibilisés au harcèlement scolaire grâce à des ateliers ludiques.
  • L’opération est menée par Citéo, spécialisé dans la médiation sociale.

« Se contenter de regarder quand quelqu’un se fait humilier, est-ce la bonne attitude ? », demande Abdel. Médiateur social chez Citéo à Lille, il anime un des ateliers mis en place pour évoquer le harcèlement scolaire contre lequel la Journée nationale de lutte avait lieu jeudi.

« Si on ne dit rien, on devient complice »

Ce vendredi, c’est au collège Moulins de Lille qu’intervenaient huit médiateurs auprès d’élèves de six établissements scolaires de Lille, Hellemmes, Mons-en-Barœul et Villeneuve d’Ascq.

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« Si on ne dit rien, on devient complice, alors que faut-il faire ? », questionne Abdel. « Intervenir », ose un des collégiens interrogés. « Surtout pas. Il faut en parler avec un adulte de confiance ».

En avoir plein le dos

Tous ces petits conseils de base surviennent au cours d’ateliers ludiques censés permettre une prise de conscience des élèves. L’expression « En avoir plein le dos » prend toute sa signification avec l’atelier « Le poids des maux ». Une pierre où est inscrit le mot « insultes », un gros bouquin baptisé « surnom dévalorisant » ou encore une bouteille d’eau affichant « publication de photos compromettantes »… 

L'atelier «Le poids des maux» permet de sensibiliser les élèves au poids des mots et à leur incidence.
L'atelier «Le poids des maux» permet de sensibiliser les élèves au poids des mots et à leur incidence. - G. Durand / 20 Minutes

«Un élève joue le rôle de victime avec un sac à dos. Au fur et à mesure des thèmes abordés, on remplit le sac avec les différentes formes de violences représentées par les objets », raconte Abdel. Jusqu’à ce que le sac soit trop lourd à porter. « On finit par craquer », signale le médiateur.

Désamorcer un conflit

Dans un autre atelier, Tony utilise le jeu du chat et des souris pour matérialiser le harcèlement. « L’objectif du jeu est de montrer que le chat-agresseur finit toujours par perdre car les souris-victimes sont plus nombreuses », glisse-t-il. Et avec toujours le même conseil : se tourner vers un adulte dans une telle situation.

« L’idée est d’aborder des notions spécifiques pour prévenir, voire désamorcer un conflit pouvant se répéter, explique Citéo. Il faut savoir reconnaître une émotion, accepter de la ressentir même quand elle est pénible. »

A l’avenir, ce programme pédagogique doit être décliné dans d’autres villes du Nord (Dunkerque, Denain, Anzin et Maubeuge) auprès des élèves de CM2 ou de 6e.