• A 35 ans, elle a déjà restauré un millier d’œuvres.
  • Des grands maîtres comme Picasso, Rubens ou Bourdon.
  • C’est un travail « ingrat » mais passionnant.

Dans l’ombre des artistes. Entre les mains expertes de Vannick Beaume, ce sont plus d’un millier d’œuvres qui ont retrouvé une seconde jeunesse. En toute humilité, cette jeune restauratrice lilloise soigne, sans distinction, les bobos des tableaux de maîtres comme les portraits de famille.

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A 29 ans, après un cursus à l’école du Louvre et avec un master de restauration-conservation en poche, Vannick Beaume à ouvert sont atelier, En apARTé, dans un petit local situé à la Madeleine, près de Lille. Six ans plus tard, elle vient de passer le cap des mille restaurations. « Je ne suis pas créatrice, je n’arrive pas à coucher sur la toile ce qui se passe dans ma tête, explique-t-elle. Quand j’ai découvert la restauration, pendant ma licence d’arts plastiques, j’ai su que c’était ce qu’il me fallait. »

« Le restaurateur reste dans l’ombre »

Au vu des tableaux accrochés sur ses murs, la qualité du coup de pinceau de Vannick ne fait aucun doute : « Ce sont des copies que je réalise pour mon plaisir personnel et sur lesquelles je peux travailler parfois pendant un an », précise-t-elle. Se mettre en avant, ce n’est pas son truc : « le restaurateur reste dans l’ombre. Certains trouvent cela ingrat, mais ça me convient très bien. »

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Malgré la difficulté à se faire un nom dans le milieu, la jeune femme a réussi à trouver sa place. A tel point qu’on n’hésite pas à lui confier entre trois et quatre des tableaux de maîtres chaque année. « Avant de travailler sur un Picasso par exemple, on se met un peu la pression. Il ne faut pas se louper, reconnaît-elle. Mais une fois le travail commencé, je n’y pense plus. »

« Un tableau brûlé, c’est presque impossible »

Spécialisée dans l’huile sur toile ou sur bois, Vannick avoue une préférence pour les œuvres d’avant 1920 : « J’ai du mal à appréhender les toiles dont je ne saisis pas le sens comme parfois dans l’art abstrait. » Mais ça ne l’empêche pas de faire le boulot. Et la seule chose qu’elle ne fait pas, c’est s’attaquer aux toiles brûlées : « Une déchirure est facile à réparer. Un tableau brûlé, c’est presque impossible. »

En plus de tout ça, Vannick donne aussi, trois fois par semaine, des cours de restauration. « Au début, je ne voulais pas. Mais j’ai eu beaucoup de demandes, alors je me suis lancée. » Il lui reste d’ailleurs quelques places, « avis aux amateurs », sourit-elle.