« Créatif », « inventif », « imaginatif », les enfants des centres sociaux et des maisons de quartier de Lille sont fiers de leur travail. Hier, ils ont dévoilé les oeuvres réalisées autour de l'exposition « Passage du temps », qui s'est tenue à l'automne au Tri Postal. Des photos, des vidéos, et des montages sonores, qui n'ont rien à envier à la collection Pinault.
C'est l'association culturelle 15.8 qui a initié les artistes en herbe à l'art contemporain. « Pendant trois mois, nous avons animé des ateliers dans douze centres, explique Vincent Schmitt, responsable cinéma. L'idée était de donner envie d'aller au Tri Postal. » Au total, 400 enfants ont tenté l'aventure. « Au début, ils ont fait les grands yeux quand j'ai dit qu'on ferait un film sans caméra », raconte le réalisateur. Djamel, 15 ans, s'est finalement beaucoup amusé à « dessiner et à peindre sur 15 secondes de bande. »
Cassandre, Morgane et Dylan ont eux goûté aux joies de la photo. « Ils ont flashé tout ce qu'ils pouvaient », signale Gianni, animateur à Faches-Thumesnil. Un de leurs clichés a même fini sur le carton d'invitation du vernissage. Moins grand succès du côté des platines de Jim Boquet. « La technique était un obstacle pour les petits », analyse le DJ.
Pour certains qui ont découvert l'exposition « Passage du temps » après avoir réalisé leurs travaux, les surprises ont été grandes : « Il y avait des correspondances avec nos oeuvres, remarque Coralie, 13 ans. Comme les photomontages, et les mini-films. » Une question de perception.