Jean-Philippe Vicentini
Procureur de Cambrai.
En avril, vous allez installer un dispositif anti-récidive à Cambrai. Quelles en sont les principales mesures ?
Soixante-douze heures après sa sortie, le détenu sera reçu par le juge pour débuter le suivi renforcé. Il devra construire, avec un référent unique, un projet personnel. Avec un rendez-vous tous les huit jours pour faire le point, le temps que son projet aboutisse.
Qui va y participer ?
Au départ, quinze personnes seront sélectionnées, toutes condamnées pour des peines assorties de sursis ou de mise à l'épreuve. Dès la comparution immédiate, on repère les profils récidivistes. Ils ont besoin d'un encadrement contraignant. Cette année, j'espère qu'une soixantaine de personnes bénéficieront de ce suivi.
Pourquoi ce dispositif à Cambrai ?
En 2007, la moitié des condamnés en comparution immédiate y étaient récidivistes. Leur situation n'est satisfaisante ni pour eux, ni pour la société. D'autant que cela n'arrange pas la surpopulation carcérale. Les causes de la récidive sont connues : alcool, drogue, chômage. Mais on manque de coordination entre les acteurs de la réinsertion.
Disposez-vous de moyens supplémentaires ?
Les élus et l'Etat doivent financer un poste de coordinateur à mi-temps. Il sera chargé de rechercher des débouchés aux condamnés, et de préparer l'après-suivi judiciaire.