« Un suivi renforcé contre la récidive »

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Publié le 14 février 2008.

Jean-Philippe Vicentini

Jean-Philippe Vicentini

Procureur de Cambrai.

En avril, vous allez installer un dispositif anti-récidive à Cambrai. Quelles en sont les principales mesures ?

Soixante-douze heures après sa sortie, le détenu sera reçu par le juge pour débuter le suivi renforcé. Il devra construire, avec un référent unique, un projet personnel. Avec un rendez-vous tous les huit jours pour faire le point, le temps que son projet aboutisse.

Qui va y participer ?

Au départ, quinze personnes seront sélectionnées, toutes condamnées pour des peines assorties de sursis ou de mise à l'épreuve. Dès la comparution immédiate, on repère les profils récidivistes. Ils ont besoin d'un encadrement contraignant. Cette année, j'espère qu'une soixantaine de personnes bénéficieront de ce suivi.

Pourquoi ce dispositif à Cambrai ?

En 2007, la moitié des condamnés en comparution immédiate y étaient récidivistes. Leur situation n'est satisfaisante ni pour eux, ni pour la société. D'autant que cela n'arrange pas la surpopulation carcérale. Les causes de la récidive sont connues : alcool, drogue, chômage. Mais on manque de coordination entre les acteurs de la réinsertion.

Disposez-vous de moyens supplémentaires ?

Les élus et l'Etat doivent financer un poste de coordinateur à mi-temps. Il sera chargé de rechercher des débouchés aux condamnés, et de préparer l'après-suivi judiciaire.

Recueilli par C. Robert - ©2008 20 minutes
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