Marc-Philippe Daubresse
Premier vice-président (UMP) de la communauté urbaine, ancien ministre délégué au Logement.
A votre avis, pourquoi y a-t-il si peu de logements très sociaux dans la métropole lilloise ?
Le blocage concerne en fait toute la chaîne du logement social. A une extrémité, il y a un freinage de l'accession à la propriété, qui ne peut plus se faire pour certains ménages à cause de la hausse des prix. Comme elles ne peuvent pas devenir propriétaires, ces personnes restent dans le parc à loyer modéré, et empêchent ainsi des ménages plus modestes d'y avoir accès. Et de l'autre côté de la chaîne, il y a un manque de structures entre l'hébergement d'urgence et le logement social, qui permettrait à des personnes en difficulté de sortir de la précarité.
Quels sont les besoins ?
Aujourd'hui, j'estime que la métropole crée environ cinquante logements très sociaux par an, soit trois cent en six ans de mandat. Moi, j'estime que d'ici à six ans il faudrait en créer mille, soit trois fois plus en rythme annuel.
Comment faire pour arriver à un tel résultat ?
Il faut accompagner les maires, car ils hésitent souvent à accueillir une population très modeste. J'en ai parlé récemment à Christine Boutin [ministre (UMP) du Logement venue inaugurer dix-huit places en maison-relais à Lambersart fin janvier]. Une loi pourrait inciter financièrement les communes qui accueillent du logement très social. J'avais déjà proposé cela en 2005, mais le Sénat s'y était opposé...