Villeneuve-d'Ascq outragée. Villeneuve-d'Ascq martyrisée. Mais Villeneuve-d'Ascq soulagée. Jean-Marie Le Pen a été condamné, vendredi, à trois mois de prison avec sursis et 10 000 euros d'amende pour avoir « réécrit l'histoire » du massacre d'Ascq. Il avait coûté la vie à 86 civils dans la nuit du 1er au 2 avril 1944. « Les fils et les filles de massacrés disparaissent au fil du temps. C'est donc à nous d'être porteurs de cette mémoire », a expliqué Jean-Michel Stiévenard, le maire (PS) de Villeneuve-d'Ascq qui s'était constitué partie civile au procès.
Dans une interview accordée au journal d'extrême-droite Rivarol en janvier 2005, le leader du Front National avait présenté la Gestapo de Lille comme une « autorité protectrice » qui avait mis fin au massacre perpétré par un lieutenant allemand « ivre de douleur d'avoir perdu ses hommes dans un attentat de la Résistance ». Un exemple qui visait à relativiser l'occupation allemande en France, « pas si inhumaine que ça », toujours selon Jean-Marie Le Pen. Or, c'est la gendarmerie et non la Gestapo qui avait mis un terme au massacre. Quant à l'attentat perpétré par le Résistance, il n'avait fait aucune victime.
« Notre but n'était pas de punir Le Pen mais bien de rétablir la vérité », a réagi Sylvain Caloone, président de la Société historique de Villeneuve-d'Ascq. « Il va sûrement faire appel, a conclu Jean-Michel Stiévenard. Mais, pour nous, c'est déjà mission accomplie. »