Pas-de-Calais: Contamination au fipronil confirmée dans un premier élevage français

AGRICULTURE La contamination au fipronil est confirmée dans un élevage de poules pondeuses du Pas-de-Calais...

Olivier Aballain

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Illustration d'un élevage de poulets.

Illustration d'un élevage de poulets. — G . VARELA / 20 MINUTES

  • La préfecture du Pas-de-Calais a confirmé la contamination au fipronil d'un élevage de poules pondeuses.
  • Un fournisseur belge est probablement à l'origine de ce premier cas de contamination d'un élevage français.

C’est le premier (et à ce jour le seul) élevage français concerné par une contamination au fipronil. Le ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation a confirmé ce mercredi la détection de la molécule interdite, utilisée dans un produit antiparasite, au sein d’une exploitation du Pas-de-Calais.


Tout ce qu’il faut savoir sur les oeufs contaminés au Fipronil

L’établissement était sous surveillance depuis que l’éleveur avait, selon le communiqué du ministère, « spontanément déclaré l’utilisation du DEGA-16 (nom de l’antiparasitaire comportant le Fipronil interdit) » par l’un de ses fournisseurs belges.

Contamination lors de la désinfection des bâtiments

Cette entreprise prestataire, appelée « intégrateur » dans le langage de la filière, fournissait des poulettes (futures poules pondeuses, âgées de moins de 20 semaines), et assurait leur alimentation, ainsi que leur traitement contre les parasites.

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Selon les autorités ministérielles, la contamination a pu intervenir lors des opérations de désinfection des bâtiments de l’exploitation nordiste avec le produit contaminé. Chickfriend, les distributeurs belges du Dega-16, sont soupçonnés d’avoir frauduleusement introduit du fipronil dans leur antiparasitaire, censé lutter « naturellement » contre le pou rouge.

Destruction des œufs produits depuis le 28 juillet

La livraison d’œufs en provenance de l’élevage du Pas-de-Calais avait en tout cas été suspendue dès le 28 juillet, en attendant les analyses.

Au vu des résultats confirmant la présence de fipronil, les œufs stockés « seront détruits », précise le ministère. Les autorités de la préfecture du Pas-de-Calais promettent de fournir davantage d’informations dans les heures qui viennent. On ne sait notamment pas si d’autres œufs, mis sur le marché avant le 28 juillet, sont également susceptibles d’avoir été contaminés au fipronil.

« Dans cette affaire, il faut rappeler que les éleveurs sont des victimes », précise Xavier Garénaux, président du syndicat de défense de la volaille de Licques (62). Le professionnel explique par ailleurs que « seuls les élevages de poules pondeuses » sont susceptibles d’être concernés par cette fraude. Les volailles destinées à la boucherie, abattues « beaucoup plus jeunes » (douze semaines pour un poulet de Licques contre un an pour les pondeuses), ne sont pas affectées par le pou rouge.

Mise à jour 09/08 à 15h00: la préfecture du Nord indique par ailleurs avoir été avisée, le 8 août, qu'un transformateur de produits à base d'œufs, Ovoservices, localisé à Roncq, près de Lille, a également été livré de lots d'œufs contaminés. «L'entreprise a aussitôt mis en place les mesures de rappel pour destruction auprès de ses clients», indiquent les autorités.