Lille: Les vélos familiaux se font une place en ville

TRANSPORTS L'association VeloWomon promeut l'utilisation de ces vélos-cargos-familiaux, triporteurs qui peuvent rendre bien des services dans l'agglomération lilloise...

Olivier Aballain

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Vélos de l'association VéloWomon à Lille

Vélos de l'association VéloWomon à Lille — veloWomon

  • VeloWomon veut développer l'usage des vélos familiaux à Lille
  • L'association cherche un endroit pour implanter un conteneur permettant de développer l'activité de location

Dans ces vélos-là, il y a de la place pour tout le monde. L’association Velowomon, à Lille, rassemble quelques fanas des vélos familiaux, ces triporteurs qui permettent de transporter deux enfants et/ou quelques courses.

L’association, portée par une entrepreneure de Lambersart, Sira Keita, propose déjà ces vélos en location à la journée ou à la demi-journée (30 euros, ou 15 euros après adhésion de 10 euros). Mais Sira Keita voit plus loin et prépare l’installation d’au moins une « boîte » (type conteneur) qui permettrait de stocker ces vélos en ville, et de donner un nouvel élan à l’activité de location.

Des vélos « très sécurisants »

« Ce sont des vélos très adaptés au transport des enfants, très sécurisants car ils sont placés devant. Et le fait qu’ils reposent sur trois roues (deux à l’avant) les rend faciles d’utilisation, même quand on a peu de pratique », explique Sira Keita. Le fabricant, Nihola, installé à Couëron près de Nantes, confirme connaître un « boom » des commandes depuis l’an dernier. « On sent que les collectivités sont intéressées par le système », confie son patron, Aymeric Dargnies.

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Après une semaine de test, le système a déjà presque convaincu Noémie Delli-Vaneecloo, salariée de l’université catholique de Lille. Cette maman de deux bambins (un an et quatre ans) expérimente un vélo familial deux places, dans le cadre d’un dispositif d’accompagnement signé avec son employeur.

Depuis le 19 juin, au lieu de prendre la voiture, Noémie Delli-Vaneecloo pédale matin et soir pour déposer ses enfants (école, nounou) et aller les rechercher, sur le chemin du travail. « C’est top, confirme-t-elle. Mon grand [garçon] est ravi, je récolte beaucoup de sourires [des gens qu’elle croise] sur le trajet, et c’est moins difficile que ce que je croyais, à part une fois où j’avais vraiment le vent de face ». Un transat est même fourni pour installer le bébé. Au terme de l’essai, la maman conquise envisage déjà un achat (2.500 euros pour la version deux places).

La ville veut les accompagner

« Ce sont vraiment des vélos adaptés à la ville, le seul souci c’est leur encombrement ». La largeur de 90 cm, combinée à sa signalétique « convoi exceptionnel » a « plutôt tendance à rendre les automobilistes prudents », selon Sira Keita, rejointe par Noémie Delli-Vaneecloo. Cependant tout le monde n’a pas un garage pour accueillir l’engin. « Pour l’instant je les stocke chez moi, mais si on veut développer la location longue durée, le mieux serait de disposer des boîtes dans la ville. »

Pour financer un premier conteneur, la métropole de Lille a déjà octroyé une aide de 15.000 euros à VeloWomon. Mais il reste à trouver l’endroit pour le poser. La municipalité lilloise a commencé à prospecter. « Tout ça prend du temps, mais nous sommes déterminés à les accompagner », confirme Anne Mikolajczak, élue déléguée au Vélo à Lille.

Depuis le début de l’année, 20 vélos Nihola sont proposés en location par la ville de Grenoble. Un dispositif comparable est envisagé à Nantes.