Nord: L’État attaqué par la famille d’un détenu qui s’est suicidé

JUSTICE La famille d’un homme d’une cinquantaine d’années, qui s’est suicidé à la prison de Maubeuge, accuse l’État d’avoir manqué de vigilance…

Olivier Aballain

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Illustration d'un surveillant de prison.

Illustration d'un surveillant de prison. — M.Libert / 20 Minutes

Il avait été condamné la semaine dernière. Un détenu d’une cinquantaine d’années est mort en milieu de semaine des suites de ses blessures après s’être pendu dans sa cellule de la prison de Maubeuge (Nord), a-t-on appris de sources concordantes samedi, alors que sa famille veut porter plainte.

Le détenu avait été condamné à une peine de 18 mois de prison, dont douze mois ferme, accompagné d’une obligation de soins, pour des faits de violences conjugales. Une peine importante du fait que cet homme était « en état de récidive », explique son avocat Emmanuel Riglaire, confirmant une information de La Voix du Nord.

« Dépression visible », l’administration alertée

« Il avait profité de l’absence de son codétenu parti en promenade pour se pendre. Et quand l’administration pénitentiaire a tenté de lui prodiguer les soins, il était trop tard », précise Me Emmanuel Riglaire.

Or, la famille a indiqué à cet avocat qu’elle avait averti l’administration de l’établissement, après une visite effectuée le week-end dernier, trouvant au détenu « un petit moral » et une « dépression visible ». Certains proches reprochent aujourd’hui à l’administration de ne pas avoir décelé suffisamment tôt sa fragilité psychologique.

« Non-assistance à personne en danger »

« A chaque fois qu’un détenu vient en prison, il fait l’objet d’une prise en charge », s’est défendu auprès de l’AFP Alain Jégo, directeur interrégional des services pénitentiaires qui ne souhaite pas faire davantage de commentaires car « une enquête est en cours ».

Les proches de la victime envisagent d’entamer une procédure pénale pour « non-assistance à personne en danger ». Me Emmanuel Riglaire a déjà annoncé qu’il allait saisir le tribunal administratif pour « mauvaise organisation de la surveillance des détenus » : « il y a une obligation de passer régulièrement devant les cellules pour les surveiller, ce qui n’est pas simple à assurer, mais manifestement il y a eu une faute de l’Etat ici ».

En mars, l’État a été condamné à verser 40.000 euros à la famille d’un détenu qui s’était suicidé en 2011 à la maison d’arrêt d’Amiens.