Lille: Un collectif alter veut un sommet sur la friche Saint-Sauveur

URBANISME Plusieurs collectifs et associations espérent organiser un «Sommet de la transition» sur la friche Saint-Sauveur, à Lille, mais la ville n'est pas d'accord...

Olivier Aballain

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La friche Saint-Sauveur, à Lille, le 28 mai

La friche Saint-Sauveur, à Lille, le 28 mai — O. Aballain / 20 Minutes

  • La métropole de Lille a lancé la concertation sur le projet d’urbanisation de la friche Saint-Sauveur
  • Des associations et collectifs veulent organiser un « Sommet de la transition » dans un coin de cet espace de 24 hectares, mais la ville leur a signifié son refus

La friche, c’est pas la fête. Le collectif « Fête peau neuve » espère toujours organiser un «  Sommet de la transition » sur la friche Saint-Sauveur, à Lille, du 18 au 25 juin.

Cet immense espace en cœur de ville fait rêver les organisateurs, qui y voient une « fenêtre idéale de concertation citoyenne sur une transition radicale environnementale et sociale ». Mais ils viennent d’essuyer un refus de la ville de Lille.

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Les discussions, initialement bien engagées sur une possibilité d’installation au Belvédère, en bordure orientale de Saint-Sauveur, ont tourné court début juin. Un communiqué d’Alternatiba Lille évoque explicitement un « revirement » de la ville de Lille et de la métropole (MEL).

Ratage au lancement de la « concertation »

L’installation d’un festival ouvert au public sur une friche de 24 hectares, officiellement fermée depuis plusieurs années, était un pari osé. D’autant que la métropole et la ville viennent d’y lancer sur place un projet prévoyant 2.500 logements, 40.000 m² de bureaux et 25.000 m² de commerces.

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La « concertation » sur le projet urbanistique a démarré fin mai, mais c’est justement là que les problèmes ont commencé. Le 28 mai, une visite « théâtralisée » du site, organisée par la SPL Euralille, l’aménageur de la friche, a été interrompue par un rassemblement festif inofficiel, « Et les beaux jours viendront », qui se tenait au Belvédère autour du soutien aux personnes migrantes.

L’interruption est mal passée : des participants à « Et les Beaux jours viendront », dont certains portent aussi le projet de « Sommet de la transition », se voient désormais accusés par la ville d'« occupation illégale (…) avec sonorisation et vente de boissons alcoolisées ». Une plainte a même été déposée par la MEL.

« Informer les habitants »

Camille Verseau, qui fait partie des personnes nommément mises en cause par la ville, assume l’intervention du 28 mai : « Nous voudrions que les habitants fréquentent le site, le découvrent pas à pas avant d’avoir à donner leur avis. Il faut les prévenir qu’il s’y passe déjà des choses. Les pouvoirs publics, eux, lancent une concertation alors que les habitants ne sont pas informés sur ce qui va se jouer ici. ».

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Mais les pouvoirs publics sont maintenant braqués. Dans un courrier envoyé le 6 juin, le directeur général des services de la ville de Lille estime que « la relation de confiance est dès lors rompue » et que le partenariat entre la ville et les organisateurs du Sommet « ne peut plus s’envisager, pas plus que ne peuvent être offertes les garanties sérieuses et solides attendues en termes de sécurité du public ».

Et à la MEL, le projet d’octroi d’une subvention pour accompagner le Sommet a été retiré, avant même d’être présenté au vote, le 1er juin.

Dans son communiqué, Alternatiba Lille dénonce des « procédés » qui « posent de sérieux problèmes sur la possibilité de faire vivre le débat local ». Le maintien du sommet est désormais en débat chez ses organisateurs, qui se réunissent le 9 juin.

Contactée, la MEL n’a pas fait de commentaire.

La SPL Euralille explique, quant à elle, que «l’ouverture de la friche doit se faire dans un cadre responsable et sécurisé et nécessite pour cela des travaux d’aménagement préalables (réseaux, cheminements adaptés à tous les publics, protection du faisceau ferroviaire, nettoyage et éventuellement dépollution)».

L'aménageur rappelle aussi que, dans le cadre de la concertation sur le projet urbain, «les ateliers de programmation de la gestion transitoire (l'occupation temporaire de certaines parties de la friche) sont ouverts à tous».