Calais: Classement sans suite pour le concert de casseroles anti-Fillon

JUSTICE Le procureur de Boulogne-sur-Mer ne souhaite pas poursuivre les auteurs présumés d’un concert de casseroles organisé à une réunion pro-Fillon en mars à Calais…

O.A. avec AFP

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François Fillon le 14 avril à Montpellier

François Fillon le 14 avril à Montpellier — LODI Franck/SIPA

  • Une quinzaine de personnes avaient reçu une amende de 68 euros après un concert de casseroles organisé à une réunion de partisans de François Fillon, à Calais le 21 mars
  • Le magistrat estime notamment qu'il s'agissait là d'une «manfestation politique»

La campagne présidentielle est passée, les casseroles sont oubliées.

Le procureur de la République de Boulogne-sur-Mer, Pascal Marconville, a donné instruction à la police de classer sans suite les amendes dressées à l’encontre d’une quinzaine de personnes, pour avoir participé à un concert de casseroles anti-Fillon en mars dernier à Calais, a-t-on appris de source judiciaire.

Trente personnes mobilisées

Le 1er avril dernier ces « contrevenants » avaient reçu à leur domicile une amende de 68 euros pour « émission de bruit portant atteinte à la tranquillité du voisinage ou la santé de l’homme ».

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Dix jours plus tôt, une petite trentaine de personnes, sans attache partisane revendiquée, avaient tapé avec des ustensiles de cuisine sur des casseroles devant une salle où devait se tenir une réunion de soutien à François Fillon, animée par Luc Chatel et Xavier Bertrand.

François Fillon n’était pas lui-même présent à cette réunion, mais le « concert » avait duré une heure et quart. Une cinquantaine de policiers (police municipale comprise) s’étaient rendus sur place.

Les manifestants voulaient ainsi dénoncer les affaires dans lesquelles le candidat de la droite et du centre François Fillon était empêtré, notamment pour avoir employé sa femme Penelope en tant qu’assistante parlementaire moyennant un salaire important pendant de longues années.

« Nous étions les seuls en France où il y avait eu des verbalisations », alors que de telles manifestations étaient monnaie courante pendant la campagne présidentielle lors des déplacements de François Fillon, a expliqué Pascal Marconville à l’agence AFP. Dès lors, indique le magistrat, « cela posait un problème de garantie de l’égalité devant la loi »

Sur la page Facebook de 20 Minutes Lille, un internaute estimait, le 4 avril, que les contrevenants « ne [s’étaient] pas pris un PV à cause du fait qu’ils étaient des opposants a Fillon, mais parce que pendant 1h30 ils [avaient] tapé dans des casseroles en plein milieu d’un quartier résidentiel ».

Le procureur de la République a néanmoins « considéré que cet événement était l’expression d’une manifestation politique, et non d’une volonté de troubler la tranquillité publique ».