Ils auront donc été 93 071 à regarder des chats laper du lait. A admirer un Robert de Niro complètement fou. A se rendre compte que Marylin Manson peut cacher, sous son fard à paupières, un regard tendre. Bref, à avoir franchi les portes du Tri Postal pour découvrir l'art contemporain à travers l'exposition «Passage du temps», réunissant des oeuvres de la collection Pinault.
«En plus, cette expo était un pari, a expliqué, hier, Martine Aubry qui dressait le bilan de l'événement. Mais Pinault a fait entrer l'art contemporain à Lille.»
Et même jusque dans les écoles de la métropole lilloise. Car en l'espace de deux mois et demi, 563 groupes scolaires sont parvenus à percer le message caché derrière les 364 néons qui ornent l'oeuvre de Dan Flavin. «La popularité de l'expo est l'élément le plus positif pour la fondation Pinault», relate d'ailleurs Caroline Bourgeois, la commissaire.
Reste désormais à faire aussi bien l'an prochain quand Lille 3000 s'intéressera aux «frontières invisibles de l'Europe». Martine Aubry a déjà prévenue: «On va encore monter les exigences d'un cran.»