Les associations viennent en aide aux jeunes migrants isolés, comme ici pour leur apprendre le français.
Les associations viennent en aide aux jeunes migrants isolés, comme ici pour leur apprendre le français. - M.Libert / 20 Minutes (archives)

Perdus dans les limbes de l’administration. Cinq mois après l’évacuation du campement du jardin des Olieux, à Lille, la problématique des mineurs étrangers isolés est toujours loin d’être réglée. Ils sont encore plus d’une centaine à subsister uniquement grâce à l’aide de bénévoles en attendant que les services du département se prononcent sur leur cas.

En attente d’évaluation

Début avril, la préfecture du Nord déclarait que tous les mineurs étrangers du campement du jardin des Olieux avaient été pris en charge par les services de l’Etat, y compris ceux dont le statut de mineurs n’avait pas été reconnu. Sauf que, selon l’ABEJ, ils sont encore au moins 140 sur la métropole à attendre une évaluation de leur statut par l’Aide sociale à l’enfance. Et, en attendant, ils sont à la rue.

« Le problème ne vient pas des mineurs, mais de ceux dont le statut de mineur n’a pas été reconnu, explique le pasteur Christian de La Roque, aumônier de l’ABEJ. La procédure pour contester la décision prend des mois et, pendant ce temps, les jeunes n’ont droit à aucune prise en charge. »

Solidarité œcuménique

Autour d’eux, la solidarité s’est organisée au travers du conseil œcuménique des Eglises. Des paroisses lilloises mettent à disposition des locaux où les jeunes sont accueillis. « Nous les répartissons par groupes de 15 à 30 jeunes dans ces endroits où ils peuvent rester entre 15 jours et un mois, détaille David Loison, en charge de l’accueil pour les paroisses de Fives et Hellemmes. Ce sont des bénévoles qui viennent apporter à manger et qui se relayent pour rester avec eux la nuit ». Mardi, par exemple, ce sont des fidèles de la mosquée de Fives qui ont apporté le repas. La centaine de jeunes restant est hébergée dans des familles d’accueil réparties sur la métropole.

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Originaires d’Afrique francophone (Guinée, Mali…) et âgés de 16 ans en moyenne, ces adolescents en attente d’un statut administratif naviguent dans les limbes. Interpellée par le syndicat Sud, la préfecture renvoie la balle au conseil départemental dont dépend le service d’aide sociale à l’enfance.

« En ce qui concerne les mineurs non accompagnés, le département prend largement sa part a déclaré le président du Nord, Jean-René Lecerf. En 2016, nous en avions 512 à notre charge, pour un budget très important. Et d’année en année, les arrivées de ces jeunes ne font qu’augmenter. Il faut revoir la coopération avec les pays d’origine pour endiguer ce phénomène que nous ne pourrons pas absorber indéfiniment ».

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