Lille: Face aux menaces d'un afficheur, une asso anti-pub recommence ses actions

SOCIETE L’association Résistance à l’agression publicitaire est prête à engager un bras de fer judiciaire face à l’afficheur Clear Channel…

Gilles Durand

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Une cation de l'associuation «Résistance à l'agression publicitaire», dans le métro de Lille.

Une cation de l'associuation «Résistance à l'agression publicitaire», dans le métro de Lille. — Capture d'écran

On les menace, ils recommencent. Le groupe lillois de l’association Résistance à l’Agression Publicitaire (RAP) a mené, samedi, une nouvelle action consistant à recouvrir les écrans publicitaires des stations de métro Rihour et République à l’aide de ruban adhésif et d’affiches en papier.

Mise en demeure

Et ce malgré la mise en demeure reçue en février de la part de Clear Channel, une multinationale de l’affichage publicitaire. « C’est la première fois qu’on reçoit ce genre de courrier après une action, témoigne le porte-parole lillois de l’association. D’habitude, les afficheurs nous ignorent superbement. »

Cette fois, l’afficheur a dégainé la menace. Dans un courrier, la société dénonce une action menée le 4 janvier dans plusieurs stations de métros lilloises. Elle avait « pour but de masquer une quinzaine de dispositifs publicitaires digitaux », opération que la direction de Clear Channel dit avoir fait constater par huissier.

« Dégradations et vandalisme »

« Les agissements perpétrés par l’association constituent des actes inadmissibles de dégradation et de vandalisme de nos dispositifs publicitaires digitaux, nous causant indiscutablement un préjudice », poursuit l’afficheur dans son courrier, menaçant de porter plainte à la prochaine action.

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Réponse de l’association : « Pour nous, c’est votre commerce qui constitue un préjudice pour l’ensemble de la société (…) Votre métier est de vendre ce qui ne vous appartient pas : nos regards, notre " temps de cerveau disponible " (…). Vous portez une responsabilité majeure dans notre société de surconsommation qui épuise notre monde aux ressources limitées. »

« Non-respect de la liberté des usagers des transports »

Contactée, Clear Channel n’a pas souhaité s’exprimer sur cette affaire. Pas plus que le gestionnaire des transports en commun, Transpole, qui a néanmoins proposé aux militants anti-pub une réunion dont la date n’est pas fixée, assure l’asso RAP. « Nous voulons que cesse ce non-respect de la liberté des usagers des transports à qui on impose ces publicités », martèlent les anti-pubs.

Cette surenchère risque donc de se terminer devant les tribunaux. L’association est prête à engager le bras de fer judiciaire. « Nous attendons que Clear Channel fixe exactement le montant du préjudice pour savoir à combien se vend le regard d’un voyageur chez Transpole. »