VIDEO. L'incendie volontaire du camp de Grande-Synthe a détruit 75% des cabanons

REFUGIES L’incendie volontaire qui a ravagé le camp de Grande-Synthe (Nord) pendant une rixe entre migrants a fait d’énormes dégâts matériels…

Olivier Aballain

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Le camp de Grande-Synthe (Nord) après l'incendie de la nuit du 10 au 11 avril 2017 Lancer le diaporama

Le camp de Grande-Synthe (Nord) après l'incendie de la nuit du 10 au 11 avril 2017 — O. Aballain / 20 Minutes

Un an de mise à l’abri, et c’est fini. L’incendie volontaire qui a ravagé, dans la nuit du 10 au 11 avril, le camp de migrants de La Linière, à Grande-Synthe, sonne le glas de la structure bâtie et ouverte le 7 mars 2016, par l’ONG Médecins sans frontières (MSF).

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L’incendie a été alimenté en fin de soirée, lundi, par de multiples départs de feu, en marge d’une rixe communautaire entre les Afghans et les Kurdes.

Plus des trois quarts des cabanons sont inutilisables

Selon un pointage effectué par les autorités préfectorales ce mardi matin, 221 des 280 cabanons en bois ont été détruits ou rendus inutilisables par le sinistre. Les dégâts matériels n’ont pas épargné certaines structures collectives, notamment des bâtiments sanitaires, de cuisine, ou à vocation scolaire, comme 20 Minutes a pu le constater sur place.

Heureusement, le bilan humain à court terme est, lui, « incroyablement » bas, selon les mots du préfet du Nord : « Vingt-et-une personnes ont été prises en charge, recense Michel Lalande, dont vingt pour des blessures légères. Une personne est plus sérieusement blessée, mais c’est à la suite d’un coup de couteau reçu lors d’une bagarre, dans l’après-midi. »

Visite de ministres et appel à l’aide des associations

Les pompiers étaient encore à pied d’œuvre ce mardi matin pour éteindre les derniers foyers et les reprises de feu éventuelles. Quelques membres d’associations erraient également sur le camp, dans un premier temps surtout en repérage après les événements de la nuit.

« Depuis ce matin, on fait des allers-retours pour voir ce qui reste, confie une bénévole rencontrée sur place, mais aussi pour expliquer aux migrants qu’ils ne peuvent plus entrer. » Jehat, un jeune homme kurde irakien, fait partie des premiers à être revenus au lendemain de l’incendie. « On a dormi dans un gymnase, j’ai marché pour revenir et pouvoir aller chercher des papiers, qui sont restés dans le shelter (nom donné aux cabanons). »

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Trois gymnases ont été ouverts en urgence dans la nuit, pour mettre à l’abri moins de 500 personnes sur les 1 500 (ou plus) qui dormaient dans le camp ces dernières semaines. Revenu sur le site de La Linière vers 10 h 30 ce mardi, en compagnie du maire de Grande-Synthe Damien Carême, le préfet du Nord assure que dans les prochains jours « tout sera mis en œuvre pour améliorer la situation de ces personnes et offrir un accueil digne aux populations ».

Le ministre de l’Intérieur Mathias Fekl et la ministre du Logement Emmanuelle Cosse ont prévu de se rendre sur place mardi après-midi.

De leur côté, les associations Utopia56 (qui ont géré le camp jusqu’en mai 2016) et L’Auberge des migrants ont lancé un appel au bénévolat et aux dons dans toute la France, pour accompagner les personnes sinistrées dans l’incendie (distribution de repas, de couvertures, de vêtements, transport des personnes, frais d’hébergement…).