VIDEO. Grande-Synthe: Le camp de migrants réduit en cendres par un incendie

INCENDIE Une rixe entre Afghans et Kurdes, qui avait fait six blessés à l'arme blanche lundi, serait à l'origine du feu...

M.C.

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La police patrouille autour du camp de migrants de Grande-Synthe, ravagé par un incendie, le 10 avril 2017.

La police patrouille autour du camp de migrants de Grande-Synthe, ravagé par un incendie, le 10 avril 2017. — PHILIPPE HUGUEN / AFP

Il se voulait un abri exemplaire pour les migrants rêvant de passer en Angleterre. Mais le camp de migrants de Grande-Synthe (Nord) a vécu : après des bagarres, un violent incendie a ravagé l’essentiel de ses 300 chalets lundi soir, selon les autorités.

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Vers minuit lundi, le camp dit de La Linière, voulu par le maire écologiste de la commune Damien Carême pour en finir avec le camp voisin du Basroch qui offre le visage désolé d’un cloaque, a été réduit à un « amas de cendres » et « il sera impossible de remettre des cabanons à la place de ceux qui existaient auparavant », a déclaré à la presse le préfet du Nord, accouru sur place depuis Lille.

Au moins une dizaine de blessés

Ouvert en mars 2016, cet ensemble construit par MSF et la ville comptait 1 500 migrants, principalement des Kurdes irakiens, hébergés au sec dans des abris en dur et non plus sous des tentes. Ce camp, réputé pour être tenu par des passeurs kurdes irakiens, avait été le théâtre de plusieurs incidents sérieux ces derniers mois, nécessitant de faire appel à la police.

Lundi, le sinistre, extrêmement violent, s’est déclaré « en fin d’après-midi, vers 18 h », selon Olivier Caremelle, directeur de cabinet du maire (EELV) Damien Carême. Il n’était pas encore éteint vers 2 h, mardi. Selon le centre opérationnel d’incendie et de secours (Codis) du Nord, l’incendie a fait une dizaine de blessés au moins. Aucun bilan complet et précis n’est encore disponible.

Les migrants ont été évacués du camp et seront relogés dans des hébergements d’urgence, a assuré le préfet, précisant que la ville de Grande-Synthe avait d’ores et déjà mis à disposition deux gymnases. A 0 h 50, 165 personnes avaient été mises à l’abri, selon la préfecture.

Une rixe à l’origine de l’incendie

Une rixe entre Afghans et Kurdes, qui a d’abord fait dans l’après-midi six blessés à l’arme blanche, est à l’origine de l’incendie, a affirmé le préfet du Nord Michel Lalande. « Il a dû y avoir des mises à feu volontaires en plusieurs endroits différents, ce n’est pas possible autrement. Il semble que ce soit lié à des rixes, entre Irakiens et Afghans, c’est l’enquête qui le dira », a déclaré de son côté Olivier Caremelle.

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Selon plusieurs témoignages, la discorde est venue de l’augmentation du nombre d’Afghans, arrivés après le démantèlement de la « Jungle » de Calais, à 40 km de là. Les Afghans étaient mécontents d’être parqués dans les cuisines collectives tandis que les Kurdes dormaient dans des chalets dont le nombre n’a pas été accru.

Les rixes entre migrants se sont poursuivies tard dans la nuit, et les deux compagnies de CRS qui tentaient de les faire cesser progressaient difficilement, parfois visées par des pierres, selon un correspondant de l’AFP sur place.