Affiches de l'UPR de François Asselineau en Isère
Affiches de l'UPR de François Asselineau en Isère - ALLILI MOURAD/SIPA

Ils sont élus de communes rurales des Hauts-de-France, qui ne dépassent pas les 1.000 habitants : la campagne présidentielle leur permet de faire un peu valoir leurs voix. A Amfroipret, Ors, Doudeauville, Choisies, ou encore Monchiet, les maires ont préféré accorder leurs parrainages à François Asselineau ou Jacques Cheminade, plutôt qu’aux candidats des grands partis.

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« Je ne souhaitais pas donner mon parrainage à un favori, ils n’en ont pas vraiment besoin », résume Christophe Cousin, maire de Doudeauville, 530 habitants dans le Pas-de-Calais. Ce maire divers-droite votera « probablement » Fillon le 23 avril, mais il a accordé son parrainage à François Asselineau, après en avoir averti son conseil municipal.

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Le fait de choisir un candidat un peu original permet au maire de toucher une audience nouvelle. « Comme ça, on parle aussi un peu de moi, vous voyez », s’amuse Jacky Beth, « parrain » de Jacques Cheminade et premier magistrat d’Amfroipret, un village de 239 habitants entre Valenciennes et Maubeuge, dans le Nord.

Un choix assumé

Cependant leur parrainage, ils ne l’ont surtout pas donné par hasard, ni pour se faire voir. Pour Jacky Beth, c’est même la deuxième fois qu’il aide Jacques Cheminade. « Je l’ai rencontré à un salon des maires. Ce qu’il dit sur la séparation des banques de dépôt et des banques d’affaires m’a convaincu. »

Christophe Cousin, lui, pense que la remise en cause de l’action menée par l’Union Européenne proposée par Cheminade pourrait séduire les habitants de la commune, « qui passent de la droite à l’extrême droite ces derniers temps ».

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A Monchiet, 98 âmes près d’Arras (Pas-de-Calais), Denis Caillerez a été « sollicité » par un ami agriculteur. Et c’est sur « le côté rural » du programme de François Asselineau qu’il s’est décidé. « Je suis moins convaincu par ses propositions économiques », concède-t-il.

Car attention, « parrainage » ne veut pas forcément dire « adhésion ». Ainsi Jacky Beth, dont la commune est à 2 km à vol d’oisseau, de la frontière belge, ne goûte « pas tellement » le discours anti-Europe de Jacques Cheminade : « Mais tous les candidats ont leurs inconvénients ».

Pas de harcèlement

Tous ont bien reçu la profession de foi des candidats, parfois plusieurs fois, mais sans pour autant parler de « harcèlement ». « En 2012 c’était pire, se souvient Denis Caillerez. Les représentants de l’un des candidats [il ne veut pas dire lequel] venaient me relancer jusque chez moi ».

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« La plupart du temps cela se limite à des mails, donc ça va, note Christophe Cousin. Le maire de Doudeauville a même fait demander à François Asselineau de l’appeler avant de confirmer son choix, à trois jours de la date limite.

A l’inverse, à Amfroipret Jacky Beth a promis son parrainage à Jacques Cheminade depuis un an déjà parce que « ça a l’avantage de décourager les autres très vite. Et moi, je tiens mes promesses. »

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