L'écran lumineux de l'agence BNP de Saint-Maurice, à Lille
L'écran lumineux de l'agence BNP de Saint-Maurice, à Lille - O. Aballain / 20 Minutes

Chiche. Des riverains du quartier Saint-Maurice, à Lille, aimeraient bien voir BNP Paribas s’appliquer son propre slogan. «La banque d’un monde qui change » est ainsi priée, par une lettre placardée en vitrine, d’éteindre l’écran publicitaire qui reste allumé le soir et le week-end.

Les riverains arguent notamment du fait que l’agence ne contribue « ni [à] la vie nocturne du quartier, ni [aux] activités du week-end ». En conséquence, la « pollution visuelle et énergétique » du panneau lumineux leur devient « insupportable ».

« Bon pour la pub, mauvais pour l’image »

« Le monde est en train de changer, et vous ne semblez pas l’avoir compris », explique le courrier. Le texte met en rapport « l’urgence d’apprendre à économiser l’énergie » avec l’objectif, fixé par la loi en 2015, de réduire la consommation énergétique de 50 % d’ici 2050.

Contactée par 20 Minutes, la direction régionale de la banque fait savoir qu’elle éteint ses dispositifs de publicité entre 23h et 7h tous les jours, « conformément à la réglementation en vigueur ».

En outre, BNP Paribas indique qu’elle a obtenu en 2016 la certification ISO14001, ce qui implique de « réduire au minimum les effets dommageables de ses activités sur l’environnement » et impose « une amélioration continue de ses performances environnementales ».

Efficacité limitée

L’action de Saint-Maurice peut-elle convaincre la banque de s’éteindre le dimanche ? Au collectif anti-Pub RAP (Résistance à l’agression publicitaire, qui n’est pas à l’origine du collage), on reste prudent : « Ce genre d’initiative peut parfois pousser certaines enseignes à changer de pratique, parce que c’est mauvais pour leur image. Mais nous attendons surtout une vraie réponse législative. »

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Au niveau local, la métropole lilloise doit dévoiler en juin les orientations d’un nouveau règlement local de publicité. Cependant, ce règlement se limitera forcément à l’affichage dans l’espace public. Or, selon une jurisprudence de 2009, les écrans installés derrière une vitrine ne sont pas inclus dans l’espace public. Ils sont seulement réglementés dans la catégorie « éclairage des bâtiments non-résidentiels», où la loi n'impose l'extinction qu'entre 01h00 et 06h00 du matin.

« C’est ce qui explique leur multiplication, d’abord en centre-ville, et maintenant même dans les rues périphériques, pourtant peu fréquentées de nuit », regrette Fabien Delecroix. Une agence immobilière, installée 200 mètres plus loin, arbore d’ailleurs un dispositif similaire en vitrine.

Pourtant, un commerçant bien en vue dans le secteur reste assez sceptique sur l’efficacité des écrans lumineux : « Ce qui compte, c’est la personnalité de chacun à l’intérieur. Vous pouvez mettre une enseigne très voyante, mais si le client est mal servi ça ne sert à rien ».

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