Pas-de-Calais: Les migrants, fonds de commerce d’un taxi lensois

JUSTICE Un chauffeur de taxi a été mis en examen pour aide à l’entrée et à la circulation irrégulières d’étrangers en France…

Mikael Libert

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Illustration d'un taxi.

Illustration d'un taxi. — ALLILI MOURAD/SIPA

Des clients comme les autres. Un artisan chauffeur de taxi de Lens, dans le Pas-de-Calais, a été mis en examen pour avoir transporté à de nombreuses reprises des migrants résidant dans un camp à Angres a révélé La Voix du Nord.

L’homme, âgé de 52 ans, avait été interpellé fin janvier lors d’un vaste coup de filet visant à démanteler une filière d’immigration clandestine de migrants vietnamiens. Néanmoins, le mis en cause a expliqué à nos confrères qu’il « n’avait pas l’impression de faire quelque chose de mal ».

Des clients très réguliers

Selon lui, il s’était mis à transporter ces migrants, qu’il considérait comme des clients comme les autres, après une rencontre sur le parking d’une grande surface en mars 2016. Cette première course vers le camp d’Angres avait été gratuite. Mais pas les suivantes. Ses premiers clients avaient fait circuler son numéro et le taxi s’était retrouvé à faire des courses de manière régulière pendant neuf mois.

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Récupérer des personnes à Bruxelles, en conduire d’autres à Dunkerque ou Calais. Pour cette dernière destination, le prix était de 200 euros. Mais l’artisan a affirmé qu’il ne gonflait pas les prix et qu’il ne dissimulait pas sa qualité de taxi. La clientèle du camp d’Angres représentait tout de même la moitié de son chiffre d’affaires.

Il plaide la bonne foi

Après avoir été interpellé, le taxi a été remis en liberté sous contrôle judiciaire dans l’attente de son jugement. Son véhicule a été saisi, l’empêchant de fait de travailler. Ce père de famille, qui plaide la « bonne foi », s’est dit prêt a se défendre devant la justice.