Tourcoing, le 6 avril 2011. Le supermarché Auchan City dans le centre ville de Tourcoing.
Tourcoing, le 6 avril 2011. Le supermarché Auchan City dans le centre ville de Tourcoing. - M.LIBERT/20 MINUTES

Auchan se défend. Dans un communiqué publié mardi, l’enseigne de grande distribution revient sur l’affaire de la fausse couche d’une de ses caissières et donne sa version des faits. Le 22 novembre, une hôtesse de caisses de 23 ans et en contrat de professionnalisation avait perdu son fœtus sur son lieu de travail au magasin Auchan City de Tourcoing.

« Une absence manifeste d’empathie et de compassion »

Elle avait accusé sa hiérarchie d’être responsable de ce tragique événement, reprochant notamment à sa direction « une absence manifeste d’empathie et de compassion ».

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La direction d’Auchan explique qu’une enquête interne a été lancée et qu’une autre a été menée par les membres du Comité d’Hygiène, de sécurité, et des conditions de travail (CHSCT). « Les résultats de ces enquêtes démentent totalement les accusations fausses, et largement relayées dans certains médias », souligne Auchan.

« Aucune sanction », estime Auchan

La direction estime qu’aucune sanction disciplinaire ou procédurale n’a été prise à l’encontre « de cette salariée », « qu’aucune retenue de salaire n’a été produite », « qu’aucune pause ne lui a été refusée lors de la journée du 22 novembre », ni « qu’aucun signe de difficultés particulières rencontrées par l’hôtesse n’a pu être perçu directement ou indirectement par la totalité de ses différents collègues ».

La victime, soutenue par le syndicat CGT, assure cependant qu’elle a reçu un avertissement pour son dernier arrêt maladie.

Plainte pour « mise en danger de la vie d’autrui »

L’enseigne concède simplement qu’elle « a généré un dysfonctionnement, en n’établissant pas immédiatement une déclaration d’accident de travail, mais en enregistrant seulement l’arrêt maladie initialement envoyé par l’hôtesse ». « Cette erreur de procédure a différé la finalisation du traitement de son dossier et son indemnisation », poursuit le communiqué.

« Je regrette que notre hôtesse ait ressenti un manque de proximité managériale et de considération dans les jours et les semaines ayant suivi l’événement (…)», note David Guilluy, DG d’Auchan City dans ce communiqué, évoquant « les nombreuses récupérations polémiques bien souvent sans aucun fondement ».

Saisie par un courrier reçu le 22 décembre, l’inspection du Travail a également ouvert une enquête. Par ailleurs, une plainte contre X pour « non-assistance à personne en danger » et « mise en danger de la vie d’autrui » a été déposée, mardi, par l’avocat de la jeune femme. C’est donc la justice qui tranchera dans cette affaire.

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