Indigné, Manuel Valls. L’ancien premier ministre, désormais candidat à l’élection présidentielle 2017, a publié un long post sur Facebook mercredi soir pour dénoncer le sort réservé à la caissière d’Auchan City Tourcoing, victime d’une fausse couche au travail, fin novembre.

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« S’il faut, bien sûr, attendre que toute la lumière soit faite, les premiers éléments de témoignage […] indiquent un manque total de décence, d’humanité, de l’empathie la plus basique », critique Manuel Valls.

La jeune femme de 23 ans, qui était enceinte de deux mois, est défendue par le syndicat CGT, lequel accuse notamment la direction d’Auchan City d’avoir refusé tout aménagement du poste de travail. Un dépôt de plainte est toujours envisagé pour « non-assistance à personne en danger » et « défaut de respect d’une obligation de sécurité ».

« Négation de l’humain »

En réaction à la polémique qui s’est développée depuis la révélation des faits sur Radio Campus, le 21 décembre, le groupe Auchan avait évoqué une « incompréhension mutuelle » assurant que la caissière serait reçue par la direction des ressources humaines « dès son plein rétablissement ».

Cependant, Manuel Valls paraît également scandalisé par la première réaction de l’enseigne, qui a déduit une semaine de salaire à la caissière, dont elle n'avait pas reçu le justificatif d'arrêt maladie. Celle-ci, en contrat de professionnalisation, avait pourtant quitté son poste alors que son siège était « couvert de sang », d’après les témoignages relayés par la CGT.

« La modernité, estime Manuel Valls, ce n’est pas demander toujours plus à ceux qui donnent déjà tant, ce n’est pas la négation de l’humain au profit de l’économie ».

Le candidat, en campagne pour obtenir la désignation aux primaires du PS et de ses alliés en vue de l’élection présidentielle, promet de défendre un « progrès » qui permette notamment aux femmes enceintes « de continuer à travailler dans les meilleures conditions les premiers mois [de leur grossesse], quitte s’il le faut à aménager le poste de travail, à réduire les horaires pour les femmes enceintes ».

Le magasin Auchan City de Tourcoing, qui emploie 90 salariés, avait déjà été au cœur d’une polémique après le licenciement d’une autre caissière, à l’été 2016, pour un écart de caisse d’un montant total de… 2,80 euros. La salariée avait finalement été réintégrée. «Je crois que dans le livret d'accueil des managers, l'enseigne devrait leur rappeler que les salariés sont avant tout des humains», soupire Me Ioannis Kappopoulos, avocat de la CGT dans ces deux affaires.

MAJ 30/12: L'enseigne ne contestait pas l'arrêt maladie, elle ne l'avait pas reçu