Lille: Tombée du ciel, la future piscine olympique pose question

URBANISME L’annonce surprise d’un complexe nautique dans le futur quartier Saint-Sauveur de Lille cache quelques failles…

Gilles Durand

— 

Lille, le 5 janvier 2012. Cours de natation intensif pour des enfants d'Žcoles primaires ˆ la piscine Marx Dormoy.

Lille, le 5 janvier 2012. Cours de natation intensif pour des enfants d'Žcoles primaires ˆ la piscine Marx Dormoy. — M.LIBERT/20 MINUTES

Un projet tombé du ciel. La métropole de Lille (MEL) va se doter d’une piscine olympique à l’horizon 2021. La construction de ce nouvel équipement sportif et ludique a été adoptée, vendredi, par les élus de la MEL. Il doit voir le jour sur la friche Saint-Sauveur, à Lille. Problème, ce projet n’a jamais fait l’objet d’aucune concertation et il pourrait provoquer quelques dégâts collatéraux.

>> A lire aussi : Des Lego pour imaginer le futur de Saint-Sauveur

Une piscine olympique, pourquoi faire ? « Indispensable au développement de la natation sur notre territoire et au rayonnement de notre métropole, cet équipement était prioritaire, souligne Damien Castelain, président (DVD) de la MEL. Nous sommes une des rares métropoles européennes à ne pas disposer d’un bassin olympique en capacité d’accueillir des championnats de France et d’Europe. » Le projet trottait dans la tête des élus depuis une dizaine d’années : Lille vise clairement l’organisation d’événements internationaux de natation.

Que va devenir Marx-Dormoy ? La piscine lilloise abrite le seul bassin de 50 m de la métropole. Vétuste, elle était promise à une rénovation annoncée en grande pompe en 2012. Et puis, plus rien ! Le projet a bu la tasse. En 2015, interrogé par La Voix du Nord, l’adjoint (SE) aux Sports de Lille, Anthony Gautier estimait le coût trop élevé, « 40 à 50 millions ». Pile poil ce que risque de coûter le nouveau projet métropolitain, hors foncier ! En attendant, la mairie annonce qu’elle doit « lancer des concertations prochainement » pour évoquer l’avenir de Marx-Dormoy.

Le doublon avec Dunkerque ? Et oui, le Nord est déjà doté d’une piscine olympique qui accueille des compétitions nationales et internationales. Les collectivités territoriales, dont les budgets s’amenuisent, ont-elles les moyens d’entretenir deux équipements qui pourraient faire doublon ? « Les normes internationales ne cessent d’évoluer et il faut constamment refaire des travaux », constate Frédéric Vanhille, adjoint (DVG) aux Sports à Dunkerque. Le conseil régional semble valider cette concurrence en octroyant 10 millions d’euros au projet de Lille Métropole.

Le jeu de celui qui a la plus grosse. La communauté urbaine de Dunkerque est en train de construire une piscine intercommunale avec une fosse de plongée de 20 m de profondeur. Elle doit voir le jour en juillet 2017 à Dunkerque-Petite-Synthe, ce qui en fera la plus profonde dans le Nord… Jusqu’à la construction de la fosse de Lille qui doit atteindre 25 à 40 m.

Et la piscine de Fives Cail, dans tout ça ? S’il n’avait jamais été question de bâtir une piscine à Saint-Sauveur, cette ambition existe bel et bien dans le projet de réhabilitation de la friche Fives Cail depuis 2013. « Deux piscines risquent de se faire face à 200 m à vol d’oiseau. Pourquoi la piscine olympique ne serait pas construite dans l’une des halles de Fives ? Cette réflexion aurait le mérite de mutualiser les coûts d’entretien et de maintenance d’un seul site », propose le collectif Fête la Friche qui milite pour que Saint-Sauveur garde ses espaces verts. Proposition qui restera sûrement lettre morte car selon nos informations, cette piscine de Fives ne fait plus partie des priorités. « Le projet n’est pas remis en cause, mais il ne sera rien décidé avant 2020 », précise la maire de Lille.