Calais: La mairie saisit la justice contre le mur «anti-intrusions»

MIGRANTS Le tribunal administratif de Lille a été saisi en référé pour interrompre les travaux…

M.L. avec AFP

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La mairie de Calais saisit la justice contre le mur anti migrants.

La mairie de Calais saisit la justice contre le mur anti migrants. — D.Charlet / AFP

Mercredi, la municipalité de Calais a demandé au tribunal administratif de Lille de suspendre la construction du mur « anti-intrusions ». Les travaux avaient commencé le 20 septembre le long de la rocade portuaire pour empêcher les migrants de monter dans les camions à destination du Royaume-Uni.

Cette requête en référé, examinée en audience publique dans la matinée, réclame la suspension des arrêtés préfectoraux des 3 et 18 octobre passant outre aux arrêtés interruptifs de travaux pris par la maire (LR) de Calais, Natacha Bouchart. Le juge rendra sa décision la semaine prochaine.

Un mur « inutile » ?

Ce mur de 4 m de haut sur 1 km de long, dont la moitié environ a déjà été édifiée, prolonge les grillages déjà installés sur la rocade. Financé par la Grande-Bretagne (2,7 millions d’euros), ce mur doit être végétalisé au printemps prochain côté circulation et vise à protéger à l’avenir la rocade des assauts de migrants voulant passer en Angleterre, s’ils revenaient à Calais malgré la destruction de la « Jungle ».

« La commune estime que ce mur est désormais totalement inutile car la ''Jungle'' de Calais a été démantelée », a affirmé à l’audience Me Paul-Guillaume Balaÿ, l’avocat de la mairie de Calais, qui dénonce un édifice « dans l’esprit du mur de Berlin ».

« La construction de ce mur est anachronique, depuis le démantèlement, nous n’avons eu écho d’aucun désordre sur la rocade », a-t-il insisté. Par ailleurs, selon lui, il s’agit d’un mur « stigmatisant », « absolument déplorable pour l’image du territoire » et qui va « défigurer une partie des paysages calaisiens ».

« Un mauvais signal envoyé aux passeurs »

D’après le représentant de la préfète du Pas-de-Calais, Sylvain Gathoye, le démantèlement de la Lande, « ne modifie pas la situation géographique de Calais située en face de l’Angleterre », destination convoitée par les migrants. Si la construction du mur s’arrête, ce sera « un mauvais signal envoyé aux passeurs » et un « discrédit de la parole française » vis-à-vis de l’Angleterre, a-t-il encore déclaré.

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« Depuis le début de l’année, cinq personnes sont mortes sur la rocade, ce mur permettra de sauvegarder des vies humaines et d’assurer la sécurité routière », a par ailleurs estimé Yann Borrel, avocat de la Société d’exploitation des ports du détroit (SEPD) maîtresse d’ouvrage. « Le démantèlement ne mettra pas un terme au problème migratoire que la France connaît », a-t-il dit.

Natacha Bouchart, initialement favorable à ce projet, avait estimé lors de l’annonce du démantèlement par les autorités en septembre que ce mur n’avait « plus lieu d’être ».

L’érection du mur sera terminée mi-décembre « si les conditions météorologiques sont favorables », selon la préfecture.