C'est la PAF de Coquelles qui a mené l'opération (illustration).
C'est la PAF de Coquelles qui a mené l'opération (illustration). - Frederic Scheiber/20 Minutes

Des passeurs toujours actifs. Une opération de police de grande ampleur, menée simultanément à Calais et Grande-Synthe depuis lundi soir, visait à démanteler un réseau de passeurs kurdes a-t-on appris de source judiciaire, confirmant une information de TF1. Malgré l' évacuation de la « jungle », les filières d’aide au passage clandestin n’ont pas déserté le littoral des Hauts-de-France.

Quatre mois d’enquête

Les fonctionnaires de la police aux frontières (PAF) de Coquelles, dans le Pas-de-Calais, ont lancé, dans la nuit de lundi à mardi, une vaste opération dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte il y a environ quatre mois par les parquets de Boulogne-sur-Mer et de Dunkerque. Plusieurs individus, soupçonnés d’être des passeurs, ont été interpellés.

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« L’opération est encore en cours en ce moment [mardi après midi] mais il y a déjà des gardes à vues qui devraient déboucher, d’ici à la fin de la semaine, sur plusieurs comparutions immédiates », a affirmé à 20 Minutes le procureur de Dunkerque, Sébastien Piève.

« Les passeurs se sont rapidement adaptés »

Côté Nord, les policiers ont arrêté plusieurs personnes qui « travaillaient » notamment avec les migrants présents sur le camp de la Linière, à Grande-Synthe. « Lorsqu’ils ont appris que la Jungle allait être démantelée, les passeurs se sont rapidement adaptés, explique le procureur de Boulogne-sur-Mer, Pascal Marconville. Ils sont revenus à leur façon de travailler d’avant en faisant passer de plus petites quantités de migrants essentiellement par camions ou véhicules particuliers aménagés. Les clandestins sont embarqués depuis des aires d’autoroute de la région, voire depuis la banlieue parisienne ».

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Et le fait d’avoir rasé le camp de la Lande, à Calais, ne change rien à l’attractivité de la zone pour les candidats au passage vers le Royaume-Uni. « Tant qu’il y aura la Manche, il y aura des passeurs, il y en a toujours eu, reconnaît le procureur de Boulogne-sur-Mer. Il faut finir le travail de démantèlement des réseaux qui est sans doute la partie la moins visible de l’opération autour de la ''Jungle'' », poursuit le magistrat qui précise que l’objectif fixé est de « ramener les choses à un niveau beaucoup plus raisonnable ».

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