Douai: Aux Assises, le gendarme plaide «non coupable»

JUSTICE L’adjudant Lylian Legrand, accusé du meurtre d’une étudiante à Lille en 1995, a été interpellé en 2012 après que son ADN avait été retrouvé sur le peignoir de la victime…

Olivier Aballain

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Éric Dupond-Moretti (à droite), avocat de Lylian Legrand

Éric Dupond-Moretti (à droite), avocat de Lylian Legrand — Denis Charlet / AFP

Il explique avoir « cédé aux pressions des enquêteurs » lors de ses aveux partiels. Lylian Legrand, le gendarme de Nice accusé du meurtre et de la tentative de viol d’une étudiante à Lille en 1995, a indiqué qu’il plaidait « non coupable », ce lundi, au premier jour de son procès devant la cour d’assises du Nord.

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« Je conteste les faits de meurtre et de tentative de viol », a déclaré l’adjudant de 45 ans, défendu par le ténor Éric Dupond-Moretti, réputé pour les nombreux acquittements qu’il a obtenus en justice pour ses clients.

Deux versions différentes après son arrestation

Le 24 mai 1995, Stéphanie Fauviaux, étudiante de 18 ans originaire de Wizernes, avait été découverte par la police, étranglée, vêtue d’un peignoir ouvert, dans la baignoire de l’appartement qu’elle partageait avec une amie, rue Faidherbe, dans le centre-ville de Lille.

Lylian Legrand, d’origine nordiste, a été interpellé 17 ans après les faits, son ADN ayant été retrouvé sur le peignoir de la victime. Proche de la colocataire de l’étudiante, il a livré plusieurs versions aux enquêteurs.

Il affirmait d’abord avoir bien eu un rapport sexuel avec Stéphanie Fauviaux, mais que celle-ci, tombant accidentellement, était décédée. Paniqué, il l’aurait étranglée puis aurait volé sa carte bancaire pour simuler une agression.

Mais, un mois plus tard, il avait abandonné cette version, assurant qu’elle était en vie lorsqu’il l’avait quittée. D’après lui, ses premières déclarations, étaient le résultat de « pressions des enquêteurs ».

Pas d’antécédent de violences

« Etiez-vous un enquêteur de terrain ou derrière les bureaux ? », a demandé Me Eric Dupond-Moretti à son client ce lundi. « J’étais derrière les bureaux », affirme Legrand, laissant entendre, comme il l’avait fait lors de l’enquête, qu’il était peu au fait des méthodes d’interrogatoire.

La matinée de lundi était consacrée à la personnalité de l’accusé. Lylian Legrand est devenu gendarme en 1996 après un bac électrotechnique, et a débuté dans la région parisienne comme informaticien.

Marié et père de deux enfants, il est présenté majoritairement par son entourage comme un « bon père de famille », « attentionné », parfois aussi comme un homme « infidèle » en amour, pouvant être « manipulateur », avec un humour « un peu lourd » voire « graveleux ». « Aucune fille qui l’a fréquenté ne fait état de violence », souligne en tout cas l’enquête de personnalité.

Le procès doit se tenir toute la semaine, le verdict étant attendu pour vendredi.

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