Lille: Les enseignes lumineuses dans le collimateur d'un collectif anti-pub

SOCIETE Une association anti-pub s'invite au débat sur l'élaboration du nouveau réglement local de publicité de la métropole lilloise en s'attaquant aux enseignes lumineuses...

Gilles Durand

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Illustration d'une enseigne lumineuse à Lille.

Illustration d'une enseigne lumineuse à Lille. — M. Libert / 20 Minutes

Ils veulent éclairer les esprits plutôt que la publicité. Le collectif anti-pub lillois Résistance à l’agression publicitaire (RAP), créé il y a un an et demi, va passer une nouvelle fois à l’action, samedi.

A l’occasion de l’opération nationale de sensibilisation à la pollution lumineuse, baptisée Le jour de la nuit, un groupe de militants a prévu d’éteindre les enseignes lumineuses de certains magasins et de recouvrir les panneaux publicitaires éclairés à Lille.

Moins d’écrans lumineux ?

« C’est une manière de protester contre l’omniprésence de la publicité dans l’espace public », précise Fabien Delecroix, porte-parole du collectif qui réclame « l’interdiction des écrans publicitaires et des systèmes d’éclairage d’affiche, ainsi que l’extinction des enseignes lorsque l’établissement est fermé ».

Le collectif RAP profite du débat actuel sur le nouveau règlement local de publicité pour faire entendre sa voix. Les grandes orientations de ce règlement seront dévoilées à partir de juin 2017, mais on s’oriente effectivement vers une réduction d’écrans télévisés géants numériques ou encore de panneaux 4x3, remplacés en partie par des 8 m2, selon Lille Métropole.

Harmoniser l’identité visuelle

L’objectif principal de ce nouveau règlement est d’harmoniser l’affichage publicitaire dans toute la métropole. Pour l’instant, il existe 30 règlements locaux dans la métropole que ce soit pour la publicité, les enseignes et les pré-enseignes (ces panneaux qui annoncent un local commercial).

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« Un axe structurant comme les Grands boulevards, par exemple, se retrouve avec une identité visuelle disparate selon les réglementations applicables dans chaque commune. L’idée est d’avoir un même dispositif, une même fréquence et une même densité tout le long de cet axe », explique Sergio Auras, chef de service Droit de l’aménagement et de l’urbanisme de la Métropole de Lille.

Une manne financière pour le communes

En juin 2016, un premier débat a eu lieu entre les élus de Lille Métropole. Le groupe EELV s’est montré le plus vindicatif sur le sujet : « Nous espérons au minimum les préconisations de la loi Grenelle avec un élargissement des zones d’exclusion que sont les abords des écoles, des parcs, des jardins des monuments et des musées », souligne Lise Daleux, élue communautaire

« Chaque commune doit maintenant faire remonter les orientations qu’elle entend donner à ce règlement », précise Sergio Auras. Le sujet est délicat car les recettes publicitaires du mobilier municipal constituent souvent une manne financière non négligeable. A Lille, par exemple, elle est estimée à 1,7 million d’euros.

Ce nouveau règlement local de publicité doit entrer en vigueur dans toute la métropole lilloise en 2019.

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