A 47 ans, Kaddour Qassid se retrouve au chômage « pour avoir joué le rôle de lanceur d’alerte », estime-t-il. Avec quatre de ses anciens collègues, cet ex-formateur de travailleurs sociaux se retrouve devant les prud’hommes de Lille pour faire valoir ses droits. Un premier cas doit être jugé, vendredi. Son tour doit venir en octobre.

Un audit oublié

Les problèmes de Kaddour Qassid ont commencé quand il émet des soupçons sur l’utilisation des fonds publics par son ancien employeur, l’Institut social de Lille (ISL). A l’époque, 20 Minutes avait d’ailleurs pointé l’incompatibilité entre la fonction du président de l’ISL, Bernard Hanicotte, et son statut de salarié.

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« Le début de mes ennuis remonte à une entrevue avec un vice-président du conseil régional qui m’avait promis un audit sur l’utilisation de la subvention de la région. L’audit n’a jamais été effectué et j’ai été licencié », assure celui qui est, à l’époque, délégué syndical.

Impression d’une structure pathogène

Avril 2015, après une dépression, il est donc licencié pour raisons économiques. « Mon licenciement avait déjà été retoqué trois fois par l’inspection du travail », précise-t-il pour illustrer ce qu’il considère comme un acharnement contre lui.

Son avocate évoque un autre problème. « Il est rare de trouver plusieurs salariés qui ont connu les mêmes problèmes de burn-out ou de dépression dans une entreprise, ce qui donne l’impression d’une structure pathogène », souligne-t-elle.

Le directeur de l’institut s’en défendait en 2012, dans Nord-Éclair, en rappelant qu’il avait « mis en place un groupe sur les risques psychosociaux, en lien avec la médecine du travail », et en relevant qu’il fonctionnait « avec peu de participants ».

« Je dois tout à la République »

Aujourd’hui, Kaddour Qassid est devenu militant d’Anticor, une association qui milite contre la corruption. Il pourrait même en devenir, en septembre, le co-référent régional avec le Dunkerquois Daniel Cordiez. « C’est quelqu’un de sérieux. L’affaire qu’il dénonce est très complexe », reconnaît ce dernier.

En juillet 2015, l’ex-formateur lance un blog Osere pour alerter sur le contrôle de l’argent public. « Je crois à l’émancipation par l’éducation, explique-t-il. Je n’ai pas sombré dans la délinquance grâce aux travailleurs sociaux. Je dois tout à la République, c’est pour cela que je me bats contre la délinquance en col blanc. »

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