Lille: Des étudiants conçoivent un exosquelette pour main paralysée

INNOVATION Dans le cadre de leur cursus à l'ISEN Lille, des étudiants ont conçu un exosquelette aux fonctionnalités très attendues...

Olivier Aballain

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Le 3e prototype d'exosquelette conçu par l'ISEN

Le 3e prototype d'exosquelette conçu par l'ISEN — ISEN Lille

Tout est parti d’un cours de robotique à l’école d’ingénieur lilloise ISEN. Six mois plus tard, les étudiants ont bouclé leur 3e prototype d’exosquelette « Print’Hand », et ils espèrent en faire un équipement qui facilite la vie de milliers de paralysés de la main.

« Cela concerne potentiellement 50 millions de personnes dans le monde », estime Gauthier Vignon, cofondateur de la société nordiste Dagoma (spécialiste de l’impression 3D), qui a accompagné les étudiants dans leur projet.

Une demande du corps médical

« Je n’ai jamais douté d’eux », sourit Anne-Marie Kokosy, l’enseignante-chercheuse qui a accompagné les 23 élèves de la section robotique. A raison de deux jours et demi par semaine, ils ont dû gérer à la fois la conception, l’approvisionnement en pièces, l’assemblage mécanique de précision, les échanges avec le corps médical et les futurs utilisateurs…

Le résultat est déjà impressionnant : Avec une simple impulsion du biceps, repérée par biocapteurs, l’exosquelette de l’ISEN déclenche ses micro-moteurs pour conduire la main à saisir un objet.

Mais ce gant robotisé est aussi un précieux assistant pour la rééducation. « C’est le corps médical qui a exprimé ce besoin, confie Clément Letellier, l’un des quatre étudiants qui ont choisi de poursuivre l’aventure « Print’Hand » après leur année d’études. Certaines personnes perdent l’usage de la main à cause d’une rééducation mal adaptée ». Ici, grâce à une appli smartphone, l’utilisateur peut programmer un entraînement quotidien assisté par l’exosquelette.

Parvenir à un prix de 500 euros maxi

Pour autant, il a aussi fallu brider certains rêves hi-tech. L’écran a disparu (trop lourd, trop cher), certains vérins sont remplacés par des élastiques… « Je leur ai conseillé de faire le plus simple possible », témoigne Gauthier Vignon.

L’objectif : parvenir à un objet de 300 grammes, à un prix (500 euros maxi) accessible au plus grand nombre. Le développement du 4e prototype a commencé. Des contacts ont également été pris avec une équipe qui prépare un exosquelette similaire dans l’incubateur Eurasanté.