Un bel outil encore en rodage. Inauguré vendredi, le centre de biologie-pathologie du centre hospitalier (CHRU) de Lille est l'un des plus grands laboratoires d'analyse en France, et l'un des plus modernes. Mais un retard de quelques mois affecte le clou de cet investissement de 35 millions d'euros : son système de transmission et de tri des prélèvements.
Automatisé, le dispositif doit traiter jusqu'à 1 100 transmissions par 24 heures, en provenance des unités du CHRU. Une trentaine de salariés ont dû être embauchés en CDD pour assurer la transition avec l'ancien système, qui n'identifiait pas automatiquement les échantillons. Plus de la moitié des prélèvements passent encore entre leurs mains, mais la direction du centre a prévu de ne pas reconduire dix-sept postes sur trente après la fin septembre. La CGT estime que cette décision n'est pas justifiée. « Il était prévu que l'on étale la suppression de ces postes au fur et à mesure de la montée en puissance du nouveau système, détaille Jean-Yves Lechevin, délégué CGT. Or l'ancien traite encore 60 % des échantillons. »
Le directeur délégué du centre, Jean-Marie Chopin est clair : « Le tri automatique va demander moins de personnel. Les CDD se terminaient le 30 septembre, nous n'avons jamais dit qu'ils seraient prolongés. » Mais c'est aussi là que le bât blesse, pour Jean-Yves Lechevin : « Les salariés viennent juste d'apprendre qu'ils ne seraient pas repris, sans qu'on nous prouve qu'on n'aura plus besoin d'eux. » A sa demande, une réunion d'information se tiendra finalement cette semaine.