Ça s'en va et ça revient. En décollant cet après-midi, le dernier avion en partance pour Leeds n'emportera pas dans ses soutes l'avenir de l'aéroport de Lille-Lesquin. Réagissant à l'abandon de cette ligne Lille-Leeds, seulement cinq mois après son lancement par Bmi-Regional, le président de l'aéroport estime que « cela fait partie de la vie normale d'une compagnie privée ». Jean-Christophe Minot promet même de dépasser pour la première fois le million de voyageurs en 2007, « de cinquante mille, grâce à nos fréquences renforcées lors des vacances d'été, notamment vers la Grèce. »
Plutôt que les particuliers, c'est donc la clientèle d'affaires qui semble bouder encore Lesquin. Pour American Express Voyages d'affaires, numéro un français du secteur, les responsables s'appellent Thalys et Eurostar. 77 % des voyages vendus à Lille le sont en train, contre 50 % en moyenne en France. « Pour aller loin, les voyageurs passent par Roissy ou Bruxelles, en prenant le train... », explique l'agence.
Et lorsque le train n'y est pas, l'avion a encore du mal à s'adapter. Ainsi la ligne Lille-Leeds, qui espérait séduire une clientèle business, pâtissait-elle de ses horaires qui interdisaient un aller-retour dans la journée. Aussi Jean-Christophe Minot espère beaucoup du nouveau portail* pour attirer des Lillois à l'aéroport : « Nous avons testé des agences lilloises en demandant des Lille-Milan (disponible depuis Lille avec Myair, ndlr). Mais ils nous font passer par Paris... »