Le boitier qui enregistre et analyse images et son.
Le boitier qui enregistre et analyse images et son. - Ifsttar

C’est un simple boîtier, mais il pourrait révolutionner la surveillance dans les lieux publics. Une équipe de chercheurs de l’Ifsttar (institut de recherche dans les transports) à Villeneuve d’Ascq, près de Lille, a mis eu point un système de vidéo et d’audio surveillance intelligent, au sein d’un consortium d’entreprises partenaires comme Thalès ou le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA).

Autonome et en temps réel

Cet outil, baptisé DéGIV (détection et gestion d’incidents dans un véhicule ferroviaire) est en effet capable d’examiner, de façon autonome et en temps réel, les comportements et les situations inhabituels à travers les images et les sons. Jusqu’à présent, la plupart de ces systèmes nécessitent une analyse humaine.

Aprèsles attentats qui ont touché Bruxelles, mardi, DéGIV pourrait être promis à un bel avenir. « Ce système est le fruit d’une dizaine d’années de recherches sur l’analyse des comportements dans les lieux d’attente comme les gares, les stations de métro ou les aéroports, explique Sébastien Ambellouis, chercheur à l’Ifsttar. A l’origine, il a été conçu pour être embarqué dans les trains, comme son nom l’indique, et pour surveiller les agressions et les actes de vandalisme. Mais il peut s’adapter. »

Pas d’accès aux images d’attentats

« En revanche, il ne faut pas s’attendre à détecter des colis abandonnés. Le procédé existe, mais il n’est pas implanté sur notre système. Peut-être, un jour… », relativise Cyril Meurie, chercheur dans le même laboratoire. La raison, c’est que l’équipe de recherche n’a pas accès aux images d’attentats pour les analyser. « Ce serait un retour d’expérience intéressant pour affiner notre système de modélisation des comportements. Examiner ceux qui ont posé les bombes permettrait de bien comprendre ce qui les diffère des autres personnes dans leur comportement », estime Sébastien Ambellouis.

Néanmoins, le capteur DéGIV assure d’ores et déjà le suivi de plusieurs personnes et pourra bientôt assurer des fonctions d’identification et ré-identification pour un individu enregistré par différentes caméras. « Grâce aux vêtements et leurs couleurs ou à la taille de la personne, on peut repérer si elle entre avec une valise et ressort sans, par exemple », précise le chercheur. Un travail habituellement confié à la police. « Ce travail de repérage est important. A Paris, un délinquant a pu être interpellé alors qu’il avait changé de vêtements. Ce sont ses chaussures qui l’ont trahi », raconte-t-il.

En phase de pré-industrialisation

Ce boîtier DéGIV a pu être testé une journée, en juin 2015, sur la ligne 14 du métro parisien. « Ce qui manque, c’est de pouvoir l’expérimenter sur un laps de temps plus long, dans une gare par exemple, pour pouvoir l’améliorer », regrette Sébastien Ambellouis.

En attendant, l’outil est actuellement en phase de pré-industrialisation par le biais des entreprises partenaires,. Pour développer ce projet de vidéo et audio surveillance, une offre de recherche a été envoyée aux pouvoirs publics en janvier. A l’Ifsttar, on est prêt à relever le défi des attentats.

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