Une partie du camp de Calais où logent les Soudanais du Darfour.
Une partie du camp de Calais où logent les Soudanais du Darfour. - G. Durand / 20 Minutes

Ce lundi, la préfecture a décidé d’évacuer par la force une partie du campement de migrants à Calais. Pourquoi ces derniers refusent-ils de quitter les lieux, alors que l’Etat leur propose des solutions d’hébergement : 200 places disponibles dans le centre d’accueil provisoire, 1.000 dans les centres d’accueil et d’orientation… ? Des bénévoles donnent quelques explications.

Le centre d’accueil provisoire. Il s’agit de 125 conteneurs d’une superficie de 30m2 chacun, installés à côté du campement sauvage. « Ce centre ressemble trop à une prison », souligne Nathalie. « Certains réfugiés vivent dans le camp depuis des mois. Regroupés par communauté, des liens se sont créés », note Flo. « Ils améliorent peu à peu leur confort. Quelques-uns ont même récupéré des petits poêles pour se chauffer », souligne Magali. L’association Utopia 56 avance un autre argument : « Certains migrants ne souhaitent pas y rentrer parce qu’ils craignent un fichage biométrique. Ce fichage les enregistre de fait en France et ruine leur projet personnel de regroupement familial ou amical dans un autre pays ».

Les centres d’accueil et d’orientation. Il en existe 102 répartis dans toute la France. La préfecture recense 2.777 migrants qui ont quitté Calais depuis le 27 octobre 2015 pour se rendre dans ces centres. Entre 15 et 17 % d’entre eux les ont quitté et 80 % ont déposé une demande d’asile, selon la préfecture. « Les réfugiés ont bien compris qu’il ne s’agissait pas d’une solution d’hébergement pérenne. Parfois ce sont des centres de vacances qui vont rouvrir au grand public bientôt. Ils ont peur d’être obligés de changer d’endroit plus tard », assure François. « Le gros problème, c’est que personne ne dit aux réfugiés où ils vont se retrouver. Ils partent dans l’inconnu. Forcément, ils se méfient », souligne Virginie.

Demandeurs d’asile ? L’an dernier, près de 2.800 migrants ont déposé une demande d’asile. Ils étaient environ 900 en 2014 et autour de 400 en 2013. Les réponses sont visiblement très longues à venir. Majnoun, afghan, a fait la demande depuis six mois, sans aucune nouvelle. « Je ne veux pas quitter le camp. J’ai peur qu’on me renvoie en Italie ou dans mon pays », lâche-t-il. Bachar, syrien, a abandonné l’idée de passer en Angleterre. « Je vais partir en Allemagne dans 3 ou 4 jours », expliquait-il à 20 Minutes, dimanche, veille de l’expulsion. Afghans, Jami et Atiqullah sont prêts à rester, mais ils ont « besoin d’un document ». « On ne sait pas comment faire », avoue Jami.

Mots-clés :