«Jungle» de Calais: Le démantèlement de la zone sud du camp de migrants autorisée par la justice

JUSTICE L’arrêté ordonnait une évacuation de la zone sud du camp avant le mardi 23 février, mais le tribunal s’était donné un délai pour statuer…

G.D. avec AFP

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Les migrants devraient bientôt être expulsés de leur campement.

Les migrants devraient bientôt être expulsés de leur campement. — Jerome Delay/AP/SIPA

L’arrêté d’expulsion des migrants de Calais a été validé par le tribunal administratif de Lille, ce jeudi en fin d’après-midi. Le référé déposé par 250 migrants et dix associations pour réclamer la suspension de l’évacuation du campement sauvage, dit « de la Lande » de Calais a donc été rejeté.

La préfecture du Pas-de-Calais avait promis d’attendre cette décision pour appliquer ou non l’arrêté d’évacuation du campement. Cet arrêté, pris le vendredi 19 février, ordonnait une évacuation de la zone sud avant le mardi 23 février, mais le tribunal s’était donné un délai pour statuer.

Aucune expulsion par la force

La juge, Valérie Quemener, a justifié sa décision principalement par des raisons « d’ordre public », d’insalubrité et par la construction par l’Etat d’installations aménagées représentant des alternatives de relogement.

Toutefois, à la préfecture, on affirme qu’il n’y aura pas d’expulsions par la force. « On va continuer le travail engagé avec les associations pour convaincre les migrants de partir pour être mis à l’abri », selon une source de la préfecture.

Les lieux de vie conservés

« Cette décision conforte l’action du gouvernement à Calais. Je prends acte du jugement du tribunal administratif de Lille qui en tout point conforte la démarche de mise à l’abri des migrants de Calais et de résorption du campement de la lande engagé par l’Etat », a déclaré le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, à l’AFP.

Néanmoins, l’ordonnance du juge suspend l’exécution de l’arrêté « en tant qu’elle porte sur les lieux de vie (…) jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur sa légalité ». Pour l’instant, les lieux de cultes et les écoles, entre autres, ne pourront donc pas être détruits.