Cent cinquante policiers, CRS et agents de la Sécurité publique avaient été déployés à Calais pour empêcher un «rassemblement pour la défense des Calaisiens», samedi 20 février 2016.
Cent cinquante policiers, CRS et agents de la Sécurité publique avaient été déployés à Calais pour empêcher un «rassemblement pour la défense des Calaisiens», samedi 20 février 2016. - PHILIPPE HUGUEN / AFP

Quatre manifestants réputés d’extrême droite ont été interpellés, selon les autorités locales, pour avoir bravé une interdiction préfectorale de se rassembler pour « la défense des Calaisiens », samedi dans la cité portuaire bordée par un camp de quelque 4.000 migrants.

Cent cinquante policiers, CRS et agents de la Sécurité publique répartis en une quinzaine de cars, avaient été déployés en ville pour empêcher le déroulement de cette initiative, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Ces manifestants, des ex-légionnaires ou parachutistes, voulaient initialement tenir un rassemblement au stade du Souvenir, mais la mairie de la ville avait affirmé que le lieu n’était pas disponible, avant que la préfecture ne prenne un arrêté d’interdiction de cette manifestation.

Les organisateurs, notamment un ancien militaire originaire de Calais dénommé Willy Destierdt, entendaient notamment exprimer leur soutien au général Piquemal, interpellé lors d’une manifestation interdite organisée par le mouvement islamophobe Pegida le 6 février. Le général Piquemal est ancien patron de la légion étrangère de 1995 à 1999, qui n’est plus en service actif.

>> A lire aussi : Qui est Christian Piquemal, général arrêté lors de la manifestation anti-migrants ?

A la place, Willy Destierdt avait annoncé une « promenade citoyenne », par petits groupes qui devaient déposer à partir de 14h des gerbes de fleurs devant divers monuments honorant la mémoire de soldats français morts au combat. De 20 à 30 personnes, selon la préfecture, dont plusieurs bérets rouges (parachutistes) et bérets verts (légionnaires) arborant des médailles militaires, avaient répondu à son appel. Ils ont joué au chat et à la souris avec les forces de l’ordre pendant une heure environ.

Willy Destierdt est parvenu à déposer une gerbe devant le monument aux morts des cheminots face à la gare de Calais. Auparavant, il avait tenté de déposer des fleurs face à l’Hôtel de Ville, devant le monument au Souvenir français dédié aux « morts pour la France » d’avant les deux guerres mondiales. Sans succès, en raison de la présence de cordons de CRS, qui ont interpellé l’ancien militaire.

« Besoin de sérénité et de calme »

Trois autres manifestants ont ensuite été interpellés pour avoir tenté d’enfreindre l’interdiction de se rassembler, soit un total de quatre selon le sous-préfet de Calais, Vincent Berton. Peu avant 15h, les CRS ont dispersé les manifestants, dont le rassemblement a pris fin. « Tout ça s’est fait sans heurt », s’est félicité Vincent Berton. « Nous n’avons pas besoin de perturbateurs (…), on est déjà dans une situation difficile, cette ville a besoin de sérénité et de calme », a-t-il ajouté.

Le 6 février, lors d’une manifestation hostile aux migrants organisée par Pegida, une vingtaine de personnes avaient été interpellées. Parmi elles, le général Christian Piquemal, 75 ans, poursuivi pour « participation à un attroupement qui ne s’est pas dissout après sommation ». Son procès doit avoir lieu le 12 mai au tribunal de Boulogne-sur-Mer.

Mots-clés :