Olivier Duthoit devant ses fûts de bière
Olivier Duthoit devant ses fûts de bière - O. Aballain

Bourgogne, Cognac, whisky écossais, bourbon… Avec ses bières spéciales passées en tonneaux de bois, la brasserie du Pays-Flamand, à Blaringhem, n’a pas fini de faire voyager ses fidèles. Olivier Duthoit et Mathieu Lesenne, ses deux jeunes patrons, ont lancé une gamme étonnante en 2014, et ils comptent accélérer cette année.

Des cuvées millésimées

Dans l’un des entrepôts de Blaringhem, sont ainsi alignés une cinquantaine de fûts de bourgogne, de cognac, de whisky, de bourbon et même de porto. Tous sont remplis de 200 litres de bière artisanale maison, la WildeLeeuw (Lion sauvage, en flamand français). L’intérêt : proposer une gamme de cuvées millésimées, qui élargit la palette gustative des bières nordistes.

 

Bouteilles de WildeLeeuw - O. Aballain

 

La brasserie est portée depuis 2010 par le succès de son Anosteke, une Indian Pale Ale (bière houblonnée très fraîche de goût) inspirée de l’Hommelbier belge. « Mais dans notre métier il faut chercher à se distinguer, explique Olivier Duthoit. Et quand nous sommes allés aux US en 2013, nous avons découvert qu’ils faisaient venir des fûts de vins français pour sortir des produits atypiques. Des fûts français ! On s’est dit qu’il fallait essayer chez nous. »

Le bonheur des grandes tables

Les premiers tests sont concluants. Depuis, la brasserie sort des WildeLeeuw millésimées, toutes uniques. « Avec le fruité des fûts de vins, on obtient des bières parfaites à consommer sur des fruits de mer, et avec les arômes plus confits des alcools, on part sur des bières d’apéritif ou de dessert », poursuit Olivier Duthoit. Pour la mise au point, la brasserie a d’ailleurs embauché Clément Thimonier, diplômé (entre autres) de l’institut de la Vigne et du Vin de Dijon.

Olivier Duthoit et Clément Thimonier dans la salle de brassage - O. Aballain

 

Dans l’aventure, les brasseurs ont aussi embarqué plusieurs complices restaurateurs. Parmi eux on trouve le « locavore » Florent Ladeyn, qui ne sert que des produits locaux au Bloempot, à Lille, et à l’auberge du Vert mont, à Boescheppe.

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« Je trouve ça top, commente le chef nordiste. Deux cuvées ne se ressemblent jamais, et c’est ce qui leur donne un intérêt dingue. La bière devient un produit aussi pointu que le vin mais sans le côté chiant, ennuyeux, sacré. »

Les ventes ont progressé de 30 % en 2015

Dans les trouvailles de la brasserie, on trouve par exemple cette cuvée brune au goût fumé après avoir passé dix ans en fût de Aardberg, l’un des whiskies les plus tourbés d’Écosse. Il paraît que la cuvée triple, élevée en fûts de bourgogne blanc, a aussi fait un tabac. Mais elle est épuisée. « Il faudra attendre la prochaine, que l’on passe en fut de Meursault [l’un des plus grands bourgognes blancs]. Mais elle sera probablement différente », sourit Olivier Duthoit.

Une quinzaine de bières sont ainsi élevées en parallèle, pour des ventes espérées autour de 200 hectolitres en 2016 (contre 80 en 2015). De quoi faire encore grandir la brasserie, qui a vu son chiffre bondir de 30 % l’an dernier (l’Anosteke représente encore 70 % des ventes). Environ 15 % du chiffre sont d’ailleurs réalisés à l’export, dont une « bonne part » en Chine.

PS : Pour apprécier une bière, il faut savoir la boire avec modération

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