Le mémorial d'Ascq, qui commémore le massacre de 86 français assassinés par les nazis en avril 1944.
Le mémorial d'Ascq, qui commémore le massacre de 86 français assassinés par les nazis en avril 1944. - Google Maps

Quand la justice rattrape l’Histoire. Ce vendredi, les domiciles de trois anciens membres de la division 12e Panzerdivision SS Hitlerjugend (Jeunesse hitlérienne) ont été perquisitionnés sur ordre du parquet de Dortmund, en Allemagne. C’est cette division de soldats nazis qui est accusée d’avoir perpétré, en avril 1944, le massacre d’Ascq qui avait coûté la vie à 86 personnes âgées de 15 à 85 ans.

Des mis en cause très âgés

« Il s’agit de trois personnes, deux en Saxe et une en Basse-Saxe » qui ont « autour de 90 ans », a expliqué à l’AFP Andreas Brendel, le procureur du parquet de Dortmund en charge des investigations sur les crimes de masse du national-socialisme dans le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie.

« Nous avons aussi réquisitionné chez d’autres personnes et emporté des documents en lien avec la division Hitlerjugend et le travail d’explication sur le massacre d’Ascq mais ces personnes sont pour le moment considérées comme témoins », a précisé le procureur.

« Les mis en cause ont réfuté lors des interrogatoires avoir été membres de la division et niaient donc toute participation à des assassinats », a-t-il souligné.

Peut-être pas de procès

« Nous devons voir si les documents trouvés peuvent nous aider encore », a expliqué M. Brendel et « nous devons ensuite vérifier que ces personnes sont en capacité d’être jugées, c’est toujours un grand problème avec les personnes âgées »

« Je ne peux pas encore dire s’il y aura une mise en accusation formelle, cela dépend si nous pouvons établir une présomption de culpabilité », a-t-il ajouté.

« Notre objectif est de faire la lumière sur les faits, il s’agit avant tout d’éclaircir juridiquement le massacre d’Ascq ».

Dans la nuit du 1er au 2 avril 1944, 86 Français avaient été fusillés dans le village d’Ascq par des soldats de la Waffen SS. Cette opération de représailles est intervenue dans la foulée d’un acte de sabotage contre un convoi ferroviaire qui transportait des blindés de la 12e Panzerdivision SS Hitlerjugend et qui n’avait fait que peu de dégâts et aucun blessé.

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