Calais: Extrême gauche, associatifs, extrême droite... Qui sont les manifestants?

MIGRANTS Extrême droite, extrême gauche et associatifs suivent de près la crise des migrants à Calais...

Olivier Aballain

— 

La fin du cortège du 23 janvier 2016 à Calais

La fin du cortège du 23 janvier 2016 à Calais — SIPA

A Calais il y a les 4.000 migrants. Et il y a tous ceux qui se sentent concernés par leur présence.

>>A lire aussi: Une école primaire tente d'exister au sein du camp de migrants

La manifestation houleuse de samedi, lors de laquelle un Calaisien a brandi une arme contre les militants pro-migrants, les a tous mis en scène. Zoom sur ces acteurs de la crise de Calais.

  • L’extrême gauche et les No Borders

Le collectif No Border avait déjà fait parler de lui, à Calais, du temps de la première « jungle », en 2009. Cette organisation transnationale milite pour le droit des personnes à ignorer les frontières.

>>A lire aussi: Procès d'un militant No border accusé de violences

Certains de ses membres, qui peuvent venir de toute l’Europe (Angleterre, Allemagne, Belgique, Italie…) adoptent parfois une tactique dite de « Black Blocs », qui consiste à alimenter des dérapages lors des manifs, afin de déstabiliser les institutions.

Deux de ces militants comparaîtront ce lundi après-midi au tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer.

Le syndicat anarchiste CNT Lille précise que trois militantes italiennes sont retenues en attente d’une expulsion du territoire français.

Sur le site web « Lutte en Nord », le collectif organisateur de la manifestation de samedi évoque des « provocations de l’extrême droite » et se dit solidaire des migrants ayant tenté de pénétrer sur un ferry à la fin du cortège.

On ne sait pas, en revanche, qui a écrit « Nik la France » sur la statue de De Gaulle.

  • Les militants associatifs et politiques

La manifestation pro-migrants de samedi était notamment soutenue par les syndicats CNT, CGT et SUD, les partis politiques NPA et EELV, les associations Ligue des Droits de l’Homme et le Mrap, et de nombreux mouvements de défense des sans-papiers. La plupart n’habitent pas à Calais, mais se sentent concernés par la crise des migrants en général.

Le plus emblématique, samedi, était Almamy Mam Kanouté, un militant de la région parisienne qui a grandement contribué à calmer les esprits lors du face-à-face tendu avec des riverains de la rue de Châteaubriand. Cet éducateur de Fresne, en Seine-et-Marne, est le porte-parole du mouvement Émergence, et il tente d’impliquer en politique la jeunesse des quartiers dits « populaires ».

  • L’extrême droite et Sauvons Calais

L’intervention des deux riverains a fait le tour du web puisque l’un d’eux, le plus jeune, a menacé les manifestants avec un fusil pendant quelques secondes après plusieurs minutes d’invectives réciproques. Il a d'ailleurs été entendu en garde à vue pendant plus de trois heures à l'issue de l'échauffourée, et le fusil a été confisqué par la police. Trois autres membres de sa famille doivent être entendus prochainement.

>>A lire aussi : Calais : Un riverain excédé brandit un fusil devant la manif de soutien aux migrants

Les deux riverains les plus actifs sur la vidéo, « Gaël et David », sont soutenus sur une page Facebook du collectif « Sauvons Calais », dont le leader Kevin Reche est membre du Parti de la France, à l’extrême-droite de l’échiquier politique.

En outre, le site Lutte en Nord a exhumé une photo du jeune riverain, posant avec un ami à coté de ce qui ressemble furieusement à un drapeau SS nazi.